Rambagh Palace: l’hôtel le plus splendide du monde

Si le Rambagh ressemble à un palais, c’est parce c’en était un. À l’époque où le maharajah et la maharani de Jaipur y vivaient, la reine Elizabeth et Jackie Kennedy venaient y prendre le thé. Aujourd’hui, il ne faut plus être une tête couronnée pour profiter des pétales de rose, des serviettes rafraîchies et des ronds de serviette en or. Bienvenue en coulisses.

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Son Altesse Royale la Maharani Rajmata Gayatri Devi, Princesse de Jaipur, était sous le choc. Pas simplement choquée, mais, comme elle l’écrit elle-même dans ses mémoires, “shocked beyond belief”. En effet, au printemps 1957, elle apprend que le maharajah, son époux bien-aimé, a l’intention de transformer leur maison en hôtel.

La belle maharani avait déjà dû avaler des couleuvres quelques années plus tôt: depuis l’indépendance de l’Inde, en 1947, les maharajahs étaient privés de leurs titres officiels ainsi que de leurs privilèges et possessions (à l’exception de leur résidence principale). L’effectif du personnel de son cher Rambagh Palace, où elle vit depuis son mariage, était passé de 200 employés à un modeste 50.

Cependant, le maharajah se montre inflexible (il fallait bien manger) et c’est ainsi que le Rambagh Palace et sa centaine de chambres devient le premier palais royal indien transformé en hôtel. Par la suite, nombreux sont les palais qui font de même. Mais aucun ne peut rivaliser avec la splendeur du Rambagh Palace, construit au début du XIXème siècle.

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En effet, qui d’autre que Gayatri Devi pourrait dire qu’elle a reçu la reine Elizabeth pour le thé, tout comme Jackie Kennedy, les présidents Roosevelt et Khrouchtchev, ainsi que pratiquement toutes les stars hollywoodiennes dignes de ce nom? “I felt miserable”, écrivait-elle. “I had come to Rambagh as a bride and it had been my beloved home for more than half my life. And now others will sleep in my bed.”

©Jaideep Oberoi

Personnellement, je suis très reconnaissant au maharajah: aucun autre hôtel au monde n’est aussi splendide que le Rambagh Palace, sans doute le plus beau de tous les Taj Hotels. Avec un service à la hauteur. À l’aéroport, vous êtes attendu non seulement par une voiture avec chauffeur, mais aussi par un palefrenier, qui prend place à côté du chauffeur dans le seul but de vous accueillir et de vous remettre une serviette rafraîchie en cours de route.

Pluie de pétales de rose

À l’arrivée à l’hôtel, le parsemeur de pétales de roses vous attend déjà en haut de l’escalier. Il ne commence pas avant que le porteur de parasol ne tienne un parasol orné de fil d’or au-dessus de votre tête afin que les pétales de rose ne vous effleurent pas. Avant même que vous ne soyez à l’intérieur, vous avez déjà quatre membres du personnel d’accueil sur les talons.

Il y a toujours quelqu’un pour vous souhaiter la bienvenue.
©Herman van Heusden

Et c’est sans compter sur l’armée de portiers et le comité d’accueil qui attendent dans le hall: le general manager, le team leader du palace service, l’executive assistant manager et notre personal butler, Parvinder Singh Bual.

L’effectif est d’environ 300 employés, soit 100 de plus que n’avaient Gayatri Devi et sa famille. Étant donné qu’ils n’étaient que quatre et que l’hôtel compte 79 suites, on arrive à une occupation maximale de 158 clients. Le ratio est donc d’environ deux employés par client, un niveau sans précédent par rapport aux normes occidentales. Il faut dire qu’il y a aussi du personnel dont les tâches sont inexistantes chez nous.

Comme le ‘pigeon boy’. Bien que Rajendra ne soit plus tout jeune (il a 52 ans), son titre officiel est donc ‘pigeon boy’. Vêtu de blanc, turban rouge, il est équipé d’un morceau de tissu blanc et d’un bâton. Avec celui-ci, il frappe la toile blanche afin de chasser les pigeons. Toute la journée, il se promène dans l’hôtel, à travers les innombrables cours, les vastes terrasses et l’immense parc où règnent pas moins de 250 paons. Mais ceux-ci sont nobles. Contrairement aux pigeons, la plèbe qui doit être chassée.

Toute la journée, le ‘pigeon boy’ se promène dans l’hôtel, traversant les innombrables cours, les vastes terrasses et l’immense parc où règnent pas moins de 250 paons, des oiseaux nobles contrairement aux pigeons, qui doivent être chassés.
©Herman van Heusden

Si les pigeons pouvaient s’apitoyer, ils regarderaient Rajendra avec commisération. Lorsqu’il frappe sa toile, ils s’envolent un moment, presque par sens du devoir, avec un côté ennuyé genre “c’est reparti”, plus par habitude que par peur, avant de se poser ailleurs une seconde plus tard.

Je lui demande: “Ce n’est pas vraiment utile n’est-ce pas?”

“Depuis combien de temps faites-vous ça?”

“Yes sir, very nice work.”

Ajeet, ‘superviseur de la vaisselle d’or’.
©Herman van Heusden

Autre métier qu’on ne trouve pas chez nous: le gardien de la vaisselle. Son espace de travail est le restaurant Suvarna Mahal (‘palais doré’) qui, en termes de décoration et de mobilier, n’a pas bougé depuis le temps où le maharajah y donnait de grands dîners officiels. On y mange dans des assiettes en or, avec des couverts en or et on boit dans des gobelets en or. Même les ronds de serviette sont en or. Le seul inconvénient, c’est que l’or ne peut pas aller au lave-vaisselle.

C’est là qu’intervient le gardien de la vaisselle, dont le travail consiste à laver et à faire briller l’or et, surtout, à la compter car je n’ai certainement pas été le premier à avoir été tenté de glisser une cuillère à café dans mon sac en la faisant passer de ma serviette à mes genoux.

Quand les serveurs rapportent les assiettes sales à la cuisine, ils doivent d’abord passer par lui. Il s’appelle Ajaat et c’est lui qui compte, lave et lustre. Ensuite, il la remet dans le vaisselier en or, devant lequel, tel un gardien de musée, il reste toute la soirée avant de le fermer à double tour à la fin de son service.

Gayatri Devi, princesse de Jaipur, s’est dite “shocked beyond belief” quand elle a appris que le maharajah, son époux bien-aimé, avait l’intention de transformer leur maison en hôtel.
©Herman van Heusden

Bien articuler

Des douzaines de gardes sont présents dans l’hôtel et aux alentours. À sept heures du matin, ils sont à l’appel pour recevoir les instructions du jour: quels clients arrivent, lesquels repartent, qui est suffisamment important pour bénéficier de personnel supplémentaire, qui peut amener ses propres gardes du corps…

Un plateau de serviettes rafraîchies.
©Herman van Heusden

Cela se passe sur le parking des quartiers du personnel, caché derrière de beaux buissons , à l’abri du regard des clients. C’est là que se trouvent les vestiaires et les salles de réunion, la cantine du personnel, l’infirmerie, les entrées des fournisseurs et les couloirs sans fin reliant les différents espaces.

Sur les murs, de grandes affiches montrent le “membre du personnel de la semaine” (qui reçoit une prime) ainsi que diverses règles de conduite strictes: “Le personnel doit s’exprimer clairement, avec des phrases complètes bien articulées” et “Si une erreur a été commise, le membre du personnel doit se répandre en excuses pour le désagrément occasionné, mettre tout en œuvre pour y remédier et en informer immédiatement le butler du client concerné, qui proposera directement une compensation appropriée.”

Dans mon cas, une brève panne de la climatisation dans ma suite a été suivie d’un océan de fleurs, accompagnées d’une lettre d’excuse manuscrite déposée près de chaque vase par le team leader Junaid. Dans la lettre, il exprime l’espoir que cet incident n’aura pas nui à mon séjour au point d’affecter mon plaisir ou d’influencer négativement ma perception de l’hôtel. Je n’ose pas lui dire que je n’avais même pas réalisé que la climatisation était hors service …

Au-dessus de l’entrée du bâtiment du personnel figure le conseil le plus important: ‘Respect and concerns for others’. Avec en dessous, l’injonction d’aimer son travail (‘We care for our work…’), mais aussi de l’apprécier intensément (‘… and we enjoy it immensely!’).

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Livres

Au crépuscule, alors que les paons ferment enfin leur bec (comment d’aussi beaux oiseaux peuvent-ils pousser des cris aussi déplaisants?), que les ombres s’allongent et que les clients se préparent dans leur suite pour le dîner, le personnel fait des heures supplémentaires.

Répétition en vue de la cocktail party.
©Herman van Heusden

Une armée de très jeunes employés allume des centaines de bougies sur les terrasses et dans les salles (un spectacle vraiment enchanteur, comme si le maharajah allait apparaître), tandis que des cocktail shakers se préparent à la soirée dans la Chamber of Princes, où le general manager Manish Gupta offre aux clients mets et boissons (“Dear Weyel Sahib” m’avait prié la lettre calligraphiée à la main déposée dans ma suite, “May I have the pleasure of inviting you to join us today for cocktails?”).

Avec de visibles efforts, les coursiers les plus forts traînent une lourde corde sur les chemins de gravier pour aplanir les traces de pas. La palmiste s’installe sur la terrasse sud tandis que, sous les quartiers du personnel, les danseurs et musiciens s’habillent pour le spectacle du soir dans le jardin.

Le chef Sameer Shah cueille des herbes fraîches dans le jardin aromatique pour le dîner et les femmes de chambre parsèment de fleurs le sol des suites, pour accueillir les invités à leur retour.

“C’est le rush”, déclare Vandana, responsable de l’entretien: “Tout le monde est sur le pont”. Les petits magasins installés dans les couloirs du palais ouvrent leurs portes, parce c’est le soir qu’on vend le mieux, quand les clients, un peu pompettes, ne sont plus aussi effrayés par les prix.

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Car bien entendu, il ne s’agit pas de simples boutiques de souvenirs, mais de filiales des joailliers indiens les plus prestigieux, qui vendent des bijoux typiquement indiens -des cascades de diamants roses, d’émeraudes gravées de motifs floraux et de perles à n’en plus finir.

Dans la librairie de l’hôtel, j’achète un livre au sujet du Rambagh Palace, rédigé par Gayatri Devi. Elle écrit qu’autrefois, chaque invité de sa maison avait son propre ADC, son aide de camp personnel, “to look after their needs and comfort”. Cela n’a pas changé à ce jour, même si son titre est aujourd’hui ‘butler’ et que le client dispose d’une voiture privée avec chauffeur. Hélas, cette dernière n’est pas arrivée. Pour le reste, aucune plainte à formuler.

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Trop de demandes de remboursement de voyages “Thomas Cook” sont incomplètes

Le Fonds de Garantie s’attelle à l’analyse des dossiers introduits par les clients victimes de la faillite de Thomas Cook en vue d’un remboursement. Néanmoins, la procédure prend du temps compte-tenu de nombre élevé de dossiers incomplets

Le remboursement des frais de voyages versés auprès du tour-opérateur Thomas Cook ne sera pas pour tout de suite. Au lendemain de la faillite du spécialiste des voyages organisés, le Fonds de Garantie avait déjà appelé à la patience.

20.000

dossiers

Le Fonds de Garantie a déjà reçu plus de 20.000 demandes d’indemnisation.

Aujourd’hui, la plupart des voyageurs ayant été rapatriés, le Fonds s’attelle à trier les plus de 20.000 demandes d’indemnisation qui lui sont parvenues. Des équipes supplémentaires ont à cet effet été engagées, mais force est de constater que le problème se situe surtout au niveau du contenu des dossiers introduits.

Une majorité d’entre eux sont en effet incomplets. “Il y a tout un travail de tri à faire et cela nous oblige à prendre contact avec toutes les personnes qui ont oublié des éléments importants dans leur dossier. Cela prend beaucoup de temps”, explique dans les colonnes de la “Dernière Heures” Brigitte Baetens, directrice adjointe du Fonds de garantie.

Que faut-il envoyer?

Rappelons que tout dossier doit être introduit uniquement via le site internet du Fonds. Par ailleurs, pour qu’il soit traité dans les meilleurs délais, il faut qu’il contienne:

• Le bon de commande
• Le numéro de réservation à huit chiffres
• Les preuves de paiement (extraits de compte ou relevés de carte de crédit) 

Brigitte Baetens ajoute par ailleurs qu’en cas de dossier incomplet, les personnes sont contactées et se voient même proposer un tutoriel pour éviter toute nouvelle erreur avec la marche à suivre et un rappel de la liste des documents nécessaires. 

Tout n’est pas remboursable

Enfin, elle confirme par ailleurs que tout ce qui a été payé en dehors du contrat avec le voyagiste ne sera pas remboursé:

frais de réservation ou de modification,
• frais de vaccination,
• prime d’assurance annulation non incluse,
• …   

Poursuite de démantèlement de Thomas Cook au Royaume-Uni

Le démantèlement du voyagiste britannique en faillite Thomas Cook se poursuit au Royaume-Uni. EasyJet a ainsi annoncé le rachat de certains des créneaux horaires d’aéroports. Montant: 36 millions de livres (près de 42 millions d’euros).

Le groupe chinois Fosun a lui déjà annoncé l’acquisition de la marque du voyagiste, avec son logo en forme de coeur, pour 11 millions de livres (13 millions d’euros). L’entreprise chinoise, déjà propriétaire du Club Med, avait prévu de prendre une participation majoritaire dans son activité de tour-opérateur dans le cadre d’un plan de sauvetage, mais le voyagiste, à court d’argent, a fini par mettre la clé sous la porte du jour au lendemain.

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Davantage de garanties d’être indemnisé en cas de vol retardé

Sous prétexte d’une absence de preuve d’embarquement, certaines compagnies aériennes bafouaient jusqu’ici le droit des passagers.

C’est la loi: lorsque votre vol est annulé ou qu’il enregistre un retard d’au moins 3 heures, vous avez droit à une compensation (les détails dans le point 1 ci-dessous). Or, sur base de leur propre interprétation du règlement européen, certaines compagnies aériennes refusaient jusqu’ici d’indemniser les passagers qui n’étaient pas en mesure de prouver qu’ils s’étaient présentés à l’enregistrement. “Pour cela, ils devaient présenter leur carte d’embarquement ou une étiquette à bagage“, selon les explications de RetardVol


Finance Avenue | 16/11/2019

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Heureusement pour les passagers, les compagnies aériennes ne peuvent désormais plus agir de la sorte. Le 24 octobre 2019, la Cour de justice de l’Union européenne a remis les pendules à l’heure dans une ordonnance qui ne laisse aucune place au doute: “Des passagers d’un vol retardé de 3 heures ou plus à son arrivée et possédant une réservation confirmée ne peuvent pas se voir refuser l’indemnisation […] au seul motif que, à l’occasion de leur demande d’indemnisation, ils n’ont pas prouvé leur présence à l’enregistrement pour ledit vol.”

Voici, en 10 points, tout ce que vous devez savoir d’autre à propos de vos droits en tant que passager aérien.

1. Mon vol est en retard ou annulé

Pour les vols au départ d’un aéroport de l’Union européenne (UE), de la Norvège, de l’Islande ou de la Suisse, ou pour les vols en direction de ces mêmes destinations (et opérés par un transporteur communautaire), les passagers qui subissent un retard d’au moins 3 heures ont droit à une compensation dont le montant dépend de la distance du vol: 250 euros pour moins de 1.500 km, 400 euros entre 1.500 et 3.500 km ou 600 euros au-delà de 3.500 km.

En cas d’annulation ou de refus d’embarquement, le transporteur doit offrir au passager le choix entre le remboursement de son billet et l’acheminement vers sa destination finale par un vol de remplacement. S’il opte pour la deuxième solution, il aura les mêmes droits et la même compensation financière que le passager d’un vol en retard.

2. Je suis déclassé

Si un passager est placé dans une classe supérieure à celle pour laquelle le billet a été acheté, aucun supplément ne peut lui être réclamé. Par contre, s’il est placé dans une classe inférieure, le transporteur doit lui rembourser 30% du prix du billet pour les vols de moins de 1.500 km, 50% entre 1.500 et 3.500 km ou 75% au-delà de 3.500 km.

3. Comment être indemnisé?

Rien n’est automatique. Dans un premier temps, le passager lésé doit adresser sa plainte au service clientèle de la compagnie aérienne au moyen du formulaire “UE261”. Celui-ci est disponible sur le site de chaque compagnie aérienne.

En l’absence d’une réponse dans un délai raisonnable (5 à 6 semaines) ou si celle-ci n’est pas satisfaisante, un passager peut déposer plainte auprès de l’autorité nationale en charge de cette matière dans le pays où l’incident a eu lieu. Pour la Belgique, c’est la DGTA.

La DGTA n’a pas le pouvoir de contraindre les compagnies à indemniser les passagers. Cependant, le service PAX de la DGTA tente toujours de trouver une solution à l’amiable, et ce gratuitement.

Si, à la suite de l’intervention de la DGTA, la compagnie aérienne maintient sa position, il appartient aux passagers qui souhaitent persister dans leur demande d’indemnisation de saisir le tribunal compétent pour apporter une solution au litige.

4. Qui peut m’aider à obtenir mon indemnisation?

Pour les passagers lésés qui ne s’en sortent pas, qui veulent éviter la case tribunal ou qui veulent tout simplement éviter des démarches, il est possible de confier la récupération de l’indemnisation à des bureaux juridiques spécialisés en la matière: AirHelp, Claim It, FlightRight, HappyFlights ou encore RetardVol par exemple.

Si aucun dédommagement n’est versé, vous ne payez rien. Dans le cas contraire, vous toucherez de 70 à 75% de la somme perçue (soit 420 à 450 euros si l’indemnisation à percevoir s’élève à 600 euros), ce qui reste toujours mieux que rien du tout!

5. Mon vol avec correspondance est en retard

Prenons un exemple: suite à un retard d’une heure sur votre premier vol (Bruxelles – Istanbul), vous ratez votre correspondance et vous arrivez à destination (Hong Kong) avec 3 heures de retard. En principe, vous n’avez droit à aucune compensation: le premier vol n’a accusé qu’une heure de retard, tandis que le deuxième vol est parti à l’heure et n’est donc pas responsable du retard du passager.

6. J’ai subi un préjudice financier important suite au retard de mon vol

Le 29 juillet dernier, la CJUE a rendu un arrêt qui fera probablement jurisprudence et qui apporte des clarifications sur ce que doit couvrir l’indemnisation prévue par le règlement européen lorsqu’un vol perturbé entraîne un ou plusieurs jour(s) de travail manqué par un voyageur (et donc la perte d’une partie de son salaire).

La Cour a précisé qu’un passager lésé pouvait être indemnisé pour un préjudice individuel, selon les explications des juristes du bureau juridique RetardVol. Cette réparation doit être complémentaire de l’indemnisation forfaitaire prévue par le règlement européen, mais elle n’est pas obligatoire. La Cour a bien précisé que cela relève du pouvoir souverain des juges nationaux.



Les passagers ayant perdu une partie de leur salaire suite au retard d’un vol peuvent désormais prétendre à des indemnités.

En outre, elle précise que le juge national compétent peut déduire (ou non) cette réparation complémentaire de l’indemnisation habituelle. “Par exemple, si vous avez droit à une indemnisation d’un montant de 400 euros et que vous avez aussi perdu un jour de salaire, le juge peut éventuellement considérer que l’indemnité relative à la journée de travail perdue est incluse dans les 400 euros d’indemnité“, selon RetardVol.

Grâce à cet arrêt, les juristes de Retardvol indiquent que les passagers pourront désormais demander la réparation d’autres préjudices. “Alors qu’il arrive très fréquemment que les passagers perdent une ou plusieurs journées de location ou bien une nuit d’hôtel, ces frais n’étaient auparavant que rarement pris en compte par les compagnies. Ils pourront donc présenter, en plus d’une réclamation pour obtenir l’indemnisation, une demande de réparation pour ces autres préjudices, mais qui sera laissée à l’appréciation du juge national.

7. Mes bagages sont perdus

Le transport des bagages par avion est régi en Europe par la Convention de Montréal. Elle a été transposée dans le droit européen. Cette convention donne droit à une indemnisation maximale de 1131 DTS (Droits de tirage spéciaux) par passager pour les valises enregistrées qui sont détériorées, arrivées en retard ou perdues.


Les clauses de “no show”

Le tribunal de l’entreprise néerlandophone de Bruxelles a ordonné début septembre aux compagnies aériennes Air France et KLM de cesser de faire appliquer des clauses de “no show”, sous peine d’une astreinte de 2.500 euros par jour. Cette clause porte sur un supplément tarifaire demandé aux passagers de certaines compagnies aériennes n’ayant pas utilisé une partie de leur vol combiné.

Le DTS est un instrument monétaire constitué d’un panier de devises qui sert d’unité monétaire dans les transactions internationales et qui évolue chaque jour. Pour prendre connaissance de la valeur du DTS au jour de l’incident, surfez sur xe.com et choisissez la devise XDR. Ce 27 août, la valeur était de 1.396 euros alors qu’elle était de 1.448 euros le 22 août dernier.

Selon le Centre européen des consommateurs de Belgique, cette indemnisation n’est toutefois pas automatique. Il prévient qu’une négociation est souvent nécessaire avec la/les compagnie(s) aérienne(s) pour obtenir une indemnisation satisfaisante, ce qui peut parfois s’avérer long et difficile.

Les compagnies exigent de nombreux documents: documents de voyage, preuves d’enregistrement des bagages, mais parfois aussi des preuves d’achat du contenu de la valise.

Notez toutefois que si votre vol est constitué d’escales effectuées par plusieurs compagnies – et que vous ne découvriez l’état de votre valise ou sa “disparition” qu’à l’arrivée –, vous ne devez entamer les démarches qu’avec une seule compagnie (au choix) impliquée dans votre voyage.

Si par ailleurs, la valeur de votre bagage est supérieure aux 1.131 DTS prévus, mieux vaut, avant votre voyage, souscrire une assurance auprès de la compagnie aérienne. Celles-ci ont toutefois listé divers articles pour lesquels elles déclinent toute responsabilité.

8. Mes bagages sont bloqués

Le 3 août dernier, des milliers de passagers ont décollé de Brussels Airport sans leur valise. Selon Test Achats (TA), la plupart des passagers ont reçu des excuses. Certains ont même eu des promesses de dédommagement, mais sans suite jusqu’à ce jour.

Les compagnies aériennes se retranchent derrière le “cas de force majeur”, qui les dédouane de tout dédommagement. “Peu importe qu’il s’agisse d’un cas de force majeure ou non. Il convient par contre de s’assurer que la compagnie aérienne a pris toutes les dispositions pour faire parvenir au plus vite les bagages aux voyageurs concernés“, indique TA, texte de loi à l’appui.

Dans la pratique, une valise retrouve généralement son propriétaire dans les 2 à 3 jours. Pour TA, ce délai une fois dépassé, il est logique d’indemniser le passager, d’autant plus que dans ce cas précis, il n’était nullement question de devoir retrouver le bagage qui était tout bonnement stocké à Brussels Airport.

9. Dans quels cas ne suis-je pas indemnisé?

En cas de force majeure, une compagnie aérienne peut valablement refuser de donner une compensation financière à ses passagers. C’est le cas lors de la fermeture de l’espace aérien, une grève sauvage, une soudaine situation de guerre, des circonstances climatiques extrêmes et extraordinaires ou encore des problèmes de sécurité inattendus comme une alerte à la bombe.

10. Force majeure, à quoi s’attendre?

Par exemple, suite à une grève des aiguilleurs du ciel, votre vol est reporté au lendemain. Votre compagnie aérienne n’y peut rien et donc ne doit pas vous dédommager. Cependant, elle reste tenue de vous offrir de quoi vous restaurer, boire et vous loger en suffisance (ainsi que le transport jusqu’au lieu d’hébergement) jusqu’au prochain vol.

Vous ne pourrez pas non plus compter sur votre assurance annulation, car elle n’intervient pas en cas de force majeure. Vous perdez donc la possibilité de récupérer votre nuit d’hôtel non utilisée (sauf si les conditions générales de l’hôtel prévoient le contraire).

Dans le cas des voyages organisés via un tour-opérateur, il n’y aura — en principe — pas non plus de compensation financière, car ces sociétés s’arrangent pour trouver rapidement d’autres solutions. Notamment en faisant atterrir ou décoller les passagers depuis un autre aéroport et en organisant un système de navettes de bus. Enfin, si vous avez subi un préjudice financier important suite à un retard conséquent, rien ne vous empêche d’aller en justice pour obtenir réparation. “C’est une cause qui peut être défendue devant un tribunal, mais nous ne connaissons pas les chances de succès d’une telle procédure“, conclut Julie Frère, la porte-parole de TA.

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Le train, une alternative crédible à l’avion et à l’auto

Tarification, phobie de l’avion, dépaysement, durée de voyage, aventure, intimité, respect de l’environnement, etc. Les arguments ne manquent pas pour inviter les voyageurs à opter pour le rail plutôt que pour l’air ou la route. Voici quelques bons plans.

Depuis le 1er octobre, le personnel attaché au gouvernement flamand ne peut plus prendre l’avion pour effectuer des déplacements professionnels à l’étranger de moins de 500 km ou représentant moins de 6 heures de trajet par voie terrestre. Le gouvernement suit ainsi l’exemple du parlement flamand de rendre plus verts les voyages professionnels. Un exemple aussi suivi par le couple royal qui s’est rendu, la semaine passée, au Grand-Duché de Luxembourg en train pour une visite d’État.

Pour se rendre à Amsterdam (175 km à vol d’oiseau), Francfort (315 km), Londres (320 km) ou Paris (265 km), il est très facile, grâce à l’offre de trains depuis Bruxelles-Midi, de se passer de l’avion pour arriver à destination dans des délais plus que raisonnables: en liaison directe et grâce au TGV, Bruxelles n’est qu’à 1h52 d’Amsterdam, 3h08 de Francfort, 2h05 de Londres et 1h22 de Paris.

Côté prix, à condition de s’y prendre bien à l’avance (3 à 4 mois), un voyage en train peut être aussi compétitif que l’avion, voire nettement plus avantageux selon les cas. Par exemple, un vol Bruxelles-Paris (d’une durée d’une heure) opéré le 28 novembre prochain en matinée par Brussels Airlines (BA) coûte 287,40 euros. En Thalys, ce voyage revient à 45 euros pour un départ à 6h43 et à 75 euros pour un départ plus tardif (9h15).

Si ce voyage vers Paris a lieu plus tard dans l’année, par exemple le 20 février, le billet Thalys est à 29 euros. Du côté de BA, le prix reste affiché à 287,40 euros à cette même date.



“Pour certains trajets, la durée totale d’un voyage en train est plus courte que celle d’un voyage en avion ou en auto.”

Le même exercice pour un voyage vers Londres, le 28 novembre, donne un tarif de 127,40 euros pour un départ matinal en avion. Via l’Eurostar, le meilleur tarif affiché est de 56 euros. Pour un départ le 31 janvier, les billets standard coûtent également 56 euros en Eurostar mais reviennent par contre à 29 euros en avion. Ou à 56 euros pour ceux qui veulent emmener un bagage de 23kg en soute et choisir leur siège (soit le même prix qu’en Eurostar).

Ces exemples démontrent bien que chaque comparaison est à prendre au cas par cas et que pour les destinations de moins de 500 km, le train est une alternative crédible à l’avion. Tant en matière de tarification que de durée de voyage. Car même si le trajet en train est plus long, la durée totale du voyage est souvent plus courte que celle en avion vu que le voyageur arrive directement au centre-ville et qu’il ne doit – en principe pas – se rendre au moins deux heures à l’avance en gare afin d’y subir les contrôles de sécurité d’usage dans un aéroport.

Si vous en êtes convaincu, si vous avez la phobie de l’avion ou si vous voulez privilégier un mode de déplacement plus respectueux de l’environnement, voici quelques bons plans pour vos futurs voyages.

En Thalys à la montagne

Quand on part skier durant les congés scolaires, il faut souvent subir de nombreux tracas routiers, ce qui peut constituer une grosse dose de stress. Pourtant, il existe une alternative bien plus relax: chaque samedi, à partir du 21 décembre et jusqu’au 18 avril, le Thalys Neige file tout droit vers les Alpes françaises au départ de Bruxelles-Midi (à partir de 7h51). Avec dans l’ordre des arrêts Chambéry, Albertville, Moûtiers, Aime-La Plagne, Landry et enfin, à 14h35, Bourg-Saint-Maurice. Soit un trajet d’une durée de 6h44 au maximum, alors qu’en voiture il faut compter au minimum 8h (sans arrêts et dans des conditions de trafic idéales).

De plus, un partenariat entre Thalys et Altibus permet aux voyageurs qui le souhaitent de se rendre en station grâce à une navette (10% moins cher qu’en gare routière).

Niveau budget, prévoyez 55 à 129 euros (le prix dépend du confort souhaité et de la possibilité de pouvoir modifier ou non le billet). Mais peu importe le prix, un bagage à main et deux bagages sont inclus par personne.

Dans le sud en TGV

Si vous voulez fuir le mauvais temps pour quelques jours, plusieurs destinations sont accessibles en ligne directe, tant en Espagne qu’en Italie, depuis la Gare de Lyon à Paris (qui n’est qu’à 8 minutes de la Gare du Nord en RER, elle-même à seulement 1h22 de Bruxelles-Midi en Thalys).

Par exemple, chaque jour, entre 6h07 et 14h07, quatre trains quittent la capitale française en direction de Barcelone pour un trajet d’une durée moyenne de 6h46. Les meilleurs tarifs disponibles pour ce voyage sont affichés à 39 euros. Pour vous rendre à Turin (5h40) ou à Milan (7h10), c’est minimum 29 euros.

Pour accéder à de tels prix, surfez sur be.oui.sncf. Vous pouvez aussi utiliser la plateforme Omio.fr. Celle-ci permet de comparer et de réserver en quelques clics vos billets de train pour toute l’Europe.

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Circuits européens

Vous cherchez un moyen bon marché pour partir à la découverte des trésors culturels de l’Europe? Alors le pass Interrail est fait pour vous. Pour connaître son prix, vous devez d’abord faire un choix entre l’Interrail One Country Pass (valable dans un pays européen au choix) et l’Interrail Global Pass (valable dans 30 pays européens).

Ensuite, vous devez choisir de voyager en première ou deuxième classe ainsi que de manière continue ou flexible. Par exemple, dans le premier cas, vous êtes certain de voyager tous les jours à bord d’un train pendant 22 jours, dans le second cas, vous souhaitez prendre le train pendant 10 jours sur une période d’un mois.

Enfin, si vous avez moins de 28 ans ou plus de 60 ans, vous avez droit à un tarif réduit. C’est l’ensemble de ces paramètres qui déterminera le prix de votre pass. Par exemple, pour un trentenaire, le prix en deuxième classe oscille entre 218 et 335 euros pour voyager 3 ou 7 jours sur une période d’un mois. Pour voyager 15 jours, c’est 443 euros. Pour un mois, le budget est de 670 euros et peut atteindre 731 euros pour 2 mois ou 902 pour 3 mois.

Si vous n’avez pas la moindre idée de comment utiliser ce pass de la manière la plus efficace possible, des idées de circuits détaillés sont proposées sur la plateforme d’Interrail, dont un tour de l’Europe en 6 pays (Allemagne, Hongrie, Autriche, Suisse, Italie, France) via 15 jours de voyage. Ce circuit nécessite donc un pass de 15 jours à utiliser sur un mois de temps au gré de vos envies.

Au programme: un arrêt à Francfort, Munich, Salzbourg, Budapest, Vienne, Vérone, Rome, Florence, Milan, Zurich, Lausanne, Lyon, Montpellier et enfin Paris, avant un retour à Bruxelles.

Train de nuit

C’est nouveau: ÖBB, la compagnie de chemins de fer autrichienne effectuera à partir de janvier 2020 un trajet de nuit entre Bruxelles et Vienne. Les réservations seront ouvertes à partir du 15 novembre. En pratique, le train démarrera chaque lundi et jeudi depuis Bruxelles-Midi (18h04) et Bruxelles-Nord (18h16) et arrivera à Vienne à 8h27 le lendemain. Dans le sens inverse, le départ depuis Vienne s’effectue chaque dimanche et chaque mercredi à 20h38 avec une arrivée prévue à 10h45 à Bruxelles-Nord et à 10h55 à Bruxelles-Midi.

ÖBB propose depuis 2016 déjà, et avec un certain succès, différents trains de nuit appelés “Nightjet”, vers des destinations en Allemagne, en Suisse, en Italie, en Croatie, en Hongrie, en Pologne et en Slovaquie. D’ici 2021, un projet d’extension des lignes est prévu vers la France, Trieste et Amsterdam.

29€

Pour un voyage de nuit avec ÖBB, il faut compter minimum 29 euros pour une place assise.

Pour réaliser un voyage de nuit, il faut compter minimum 29 euros pour une place assise. Pour ceux qui souhaitent dormir confortablement, il y a des “voitures-lits” et des “voitures-couchettes“. Dans le premier cas, vous pouvez choisir un compartiment triple lits (à partir de 207 euros), double lits (178 euros) ou en solo (139 euros). Dans le second cas, la voiture se compose de compartiments pourvus de quatre à six couchettes (à partir de 199 euros).

©Harald Eisenberger

La société de chemins de fer autrichienne n’est bien sûr pas la seule en Europe à proposer des trains de nuit. L’offre est aussi très développée (et très prisée selon la SNCB) dans les pays scandinaves. Au départ de Paris, les trains de nuit Thello vous emmènent en une nuit à Venise (à partir de 29 euros). Vous pouvez faire le même trajet à bord de l’Orient-Express, rebaptisé depuis le Venice Simplon-Orient-Express. Mais dans ce cas, prévoyez un budget plus conséquent: en cabine double, il vous en coûtera 3.770 euros/par personne! Pour la suite, c’est 6.035 euros/personne… pour 20h de trajet!

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Le roadtrip ultime: au volant d’un oldtimer, sans gps

7.500 kilomètres à travers l’Europe septentrionale pendant 16 jours, au cœur de l’hiver, est le roadtrip ultime. Et, pour compliquer le tout, avec une voiture ordinaire, sans GPS. Montez à bord de l’édition hivernale du Baltic Sea Circle Rally, qui va de Hambourg au Cap Nord et retour. “N’oubliez pas votre équipement et vos nerfs d’acier!”

Par une froide matinée ensoleillée de février à Hambourg, un sentiment d’excitation règne au départ de l’édition hivernale du Baltic Sea Circle Rally. Une soixantaine d’équipes sont prêtes à quitter l’Allemagne pour la Scandinavie. Les règles du jeu de ce circuit d’aventure hivernal sont simples.

L’archipel des Lofoten en Norvège.
©David De Vleeschauwer

Un: interdiction de conduire sur autoroute. Deux: les GPS ne sont pas autorisés. Trois: toutes les voitures participantes doivent avoir au moins 15 ans. Quatre: les pilotes reçoivent un road book avec des conseils et des suggestions d’itinéraires (facultatives). Cinq: les voitures sont toutes équipées de traceurs GPS, afin que la famille et les fans puissent les suivre en ligne.

“Le Baltic Sea Circle Rally en février, c’est profiter du Grand Nord dans toute sa splendeur immaculée. Mais ce roadtrip à travers ces paysages demande aussi beaucoup de concentration et de courage”, nous avait déclaré un passionné en apprenant que nous allions y participer: “N’oubliez pas vos moon boots et vos nerfs d’acier!” 

Forêt suédoise

Thomas, un dentiste de Stuttgart, est seul dans sa Mercedes 4×4 lors de cette édition hivernale du Baltic Sea Circle Rally. Heureusement, ses amis sont également de la partie, à bord de deux voitures anciennes, et ils ont décidé de faire le trajet ensemble. Les trois équipes n’ont réservé aucun hôtel à l’avance et n’ont établi qu’un itinéraire approximatif pour atteindre le premier des deux lieux de rassemblement indiqués par l’organisateur allemand, Superlative Adventure Club (SAC). C’est là qu’à deux reprises, tous les participants au rallye se réuniront et dîneront ensemble. Et surtout, échangeront une foule d’expériences.

©David De Vleeschauwer

“Même en été, tout le monde va vers le sud. Alors, quand j’ai dit à mes amis et à ma famille que j’allais partir dans le nord, et en hiver, ils m’ont pris pour un fou!”, sourit Thomas tandis que nous traversons une sombre forêt suédoise. “Où allons-nous dormir ce soir?”, demandons-nous. “Aucune idée”, répond le dentiste.

Bien que le GPS soit coupé, le smartphone est un compagnon de voyage bien pratique lorsqu’il s’agit de trouver une chambre d’hôtel vers 18 heures. Une recherche sur Airbnb aboutit à une cabane conviviale avec sauna quelque part dans la campagne suédoise.

Aurores boréales

Malgré le froid, certaines équipes décident de monter leur tente pour la nuit. D’autres choisissent un hôtel de luxe et un dîner quatre services. Mais la palme du dîner le plus original revient à l’équipe allemande ‘Die Krachbummenten’: le coffre de leur Subaru Seal 1996 contient non seulement un barbecue, mais aussi un chauffage spécial afin que les conducteurs puissent passer la nuit dans leur voiture. Leur devise est claire: “La peur, c’est pour ceux qui ont trop d’argent”.

Route Baltic Sea Circle Rally
©rv

Les deux Belges de l’équipe ‘Große Filou’ sont dans une Volvo de 1988 embarquant une élégante toile de tente et un poêle à bois. Parfait pour dormir dans la nature s’il y a des aurores boréales!

Pour presque toutes les équipes, ce rallye représente un sentiment de liberté ultime. Ici, quelle que soit sa voiture et son budget, chacun expérimente les paysages désertiques gelés d’Europe du Nord à sa manière. Il n’y a pas âme qui vive sur les routes qui traversent les blancs paysages suédois inondés de soleil.

Le silence règne et l’immensité de la nature n’est interrompue qu’occasionnellement par une petite ferme rouge. Ou par un café, l’endroit idéal pour faire une halte, avaler un hot dog ou un smørrebrød aux crevettes roses, et boire un café.



En été, l’archipel norvégien des Lofoten est noir de camping-cars et de touristes. Par contre, en hiver, il n’y a pas âme qui vive.

Ce soir, nous prenons le ferry, parfait pour récupérer un peu de sommeil. Cependant, Thomas fait d’abord un détour par le garage: il troque ses pneus hiver contre des pneus à clous. “Je vais peut-être perdre un peu de temps, mais je pense que ça vaut le coup. Il est impossible de rouler ici avec de simples pneus hiver: les pneus à clous sont indispensables.”

Lorsque nous débarquons du ferry, le lendemain, nous sommes frappés par les paysages de la côte ouest de la Norvège. “En été, l’archipel norvégien des îles Lofoten est noir de camping-cars et de touristes. Par contre, en hiver, on est à peu près seul dans cette région féerique”, commente Daniel Kaeger. C’est lui qui a mis sur pied le Baltic Sea Circle Rally, avec son frère Sebastian.

Ici, ne serait-ce que pour les paysages, rouler lentement est un émerveillement de chaque instant et tous les virages offrent un point de vue différent sur l’océan glacial d’un bleu merveilleux. Jour après jour, les températures chutent, nous obligeant à ajouter quotidiennement une couche de vêtements. 

Dans le bas-côté

Lucas, un jeune homme originaire de Dresde qui participe au rallye avec deux copains à bord d’un minibus VW, prend son drone et suit la voiture tandis que nous longeons les fjords déserts et enneigés. Eaux bleu azur, maisons de pêcheurs de couleurs vives: le nord grandeur nature. 

Le rallye permet de passer de la nature la plus sauvage aux petits villages chaleureux des îles scandinaves, comme ici les Lofoten.
©David De Vleeschauwer

Plus nous montons vers le nord, plus les jours raccourcissent. Conduire dans l’obscurité devient une habitude, bien qu’il faille de la concentration pour voir à temps le danger que représente le mince film de glace presqu’invisible sur la route et que l’on appelle glace noire. Quelques équipes se retrouvent dans le bas-côté – plus de peur que de mal, heureusement… Une équipe qui participe au rallye à bord d’une Land Rover se retrouve coincée dans le nord de la Suède: le froid glacial a apparemment eu raison de leur 4×4! 

Chair de poule

Ce rallye hivernal peu conventionnel a été lancé il y a deux ans pour être la version “froide” de la version estivale “chaude”, qui va de Hambourg au Cap Nord, en Norvège. À l’aller, il passe par le Danemark et la Suède, et, au retour, par la Finlande, la Russie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la Pologne. Si l’itinéraire est le même, les conditions météorologiques ne le sont pas: en février, les températures extrêmes et la rapide tombée de la nuit en font une expérience totalement différente.

©David De Vleeschauwer

Chaque conducteur doit être prêt à affronter les petites routes verglacées et être capable d’encaisser les tempêtes de neige, les vents polaires et l’obscurité générale. Après l’effort, le réconfort: la journée se termine traditionnellement par une visite dans un accueillant sauna.

Ce soir, nous sommes accompagnés des membres de l’équipe ‘Power of Adventure’ au Bardu Huskylodge, où Jan et Ana ont préchauffé les cabanes cosy et le sauna en attendant notre arrivée. Une bouteille d’aquavit nous aide à définir le programme du lendemain.

Plus nous nous rapprochons du Cap Nord, plus cela devient difficile. Des vents violents venant de l’océan Arctique balaient les routes. Rouler ici, loin de l’autoroute, est un véritable défi. À bord de leur Range Rover rose, les trois trentenaires de Hambourg qui forment l’équipe des Driftchicks ne se plaignent pas.

Quand elles dérapent sur la glace et se retrouvent dans un bas-côté enneigé, deux autres équipes viennent à la rescousse et les amazones peuvent reprendre rapidement la route. Si chaque équipe suit son propre itinéraire, il se trouve toujours dans les parages une voiture pour venir donner un coup de main.



“Il est interdit de rouler sur les autoroutes et d’utiliser le GPS. Et la voiture doit avoir au moins 15 ans.”

Sur les 60 équipes, 35 sont au rendez-vous au Cap Nord. La convivialité règne: on rit, on se prend dans les bras et on s’embrasse. Le vent hurle et, sporadiquement, le soleil transparaît dans l’épaisseur des nuages qui forment le ciel arctique. Aussi bien ces retrouvailles que le froid nous donnent la chair de poule.

“Voilà pourquoi je participe à ce rallye”, explique Walter Darmstäder, qui parcourt seul les 7.500 km à bord de sa Škoda Octavia de 1997. “C’est le moyen idéal de prendre de la distance avec mon job stressant. Conduire seul dans ce paysage blanc et désert m’apaise. Et j’adore rencontrer des gens qui partagent ma passion et passer un bon moment en leur compagnie.”

 Mauvais karaoké

Le couple formé par Isabelle et Thomas Latacz, est heureux que sa Mercedes Classe G soit équipée de sièges chauffants en cuir, ce qui est loin d’être un luxe en Laponie, une région finnoise glaciale. Nous roulons pendant des heures à travers de silencieuses forêts enneigées. Si certains conducteurs trouvent que c’est un tronçon ennuyeux (il y a toujours le risque de s’endormir au volant), pour nous, c’est une journée presque thérapeutique, faite de paysages monochromes et de routes qui montent et qui descendent à travers les étendues de Laponie.

©David De Vleeschauwer

Passer la nuit à Inari, dans le nord-est de la Finlande, est synonyme de sauna bienfaisant, de cuisine roborative et de beaucoup trop de bière ‘Lapin Kulta’. Et la soirée se termine par un mauvais karaoké.

Gueule de bois ou pas, le lendemain, les Latacz reprennent le volant de leur Mercedes dans la joie et la bonne humeur. La Laponie s’ouvre sur l’onirique région des lacs de Finlande, où les températures remontent, ce qui nous permet de retirer quelques couches de vêtements. La neige reste cependant omniprésente, ainsi que les routes désertes et les petits villages. Nous faisons un détour pour nous rendre sur une ‘ice road’, une route de glace qui relie deux îles pendant l’hiver. “Filer sur cette surface scintillante, c’est merveilleux!”, s’exclame Isabelle. “Et j’ai l’impression que même notre voiture aime ça!”

Après la nature arctique, il est temps de revenir à la civilisation sous forme d’une balade touristique à Saint-Petersburg.
©David De Vleeschauwer

 Toutes les équipes roulent vers le sud. Certaines évitent la Russie et prennent le ferry d’Helsinki à Tallinn, où est prévue la prochaine réunion. Mais nous, nous voulons voir Saint-Pétersbourg sous son manteau de neige. Notre équipe traverse la frontière, vient à bout des formalités russes et, après plusieurs journées de désert blanc, se dirige vers la grande ville pour y passer une nuitée.

Nous dégustons du caviar au Caviar Club de l’hôtel Kempinski, descendons des shots de vodka avec une tranche de pomme dans des bars sombres et expliquons aux Russes d’où nous venons et où nous allons, ce qui déclenche l’hilarité, l’incrédulité et encore plus de shots de vodka.

Le lendemain matin, nous partons avec Sandra et Frank de l’équipe ‘Baltic Taxi’ à Kolja, près de Tallinn, où un grand tipi en bois fait office de salle des fêtes pour accueillir la deuxième réunion du SAC. Saunas et hot tubs nous attendent dans un paradis glacé, avec une profusion de nourriture et de fûts de bière.

©David De Vleeschauwer

La Mercedes de Sandra et Frank, qui a fait office de taxi à Berlin pendant des années, affiche plus de 1,5 million de kilomètres au compteur. “Il y a quelques jours, la police finlandaise nous a arrêtés pour nous demander pourquoi ce taxi roulait si loin de la ville”, se marre Frank.

Champagne Supernova

L’Estonie, c’est beau comme la mer Baltique complètement gelée sous un ciel bleu éblouissant. Nous nous arrêtons pour faire du café et manger un morceau de gâteau. En effet, le pique-nique est un élément essentiel de ce rallye. L’achat de produits locaux, accompagnés ou non de provisions venues de Belgique, est un rituel pour de nombreux participants.

Les membres de l’équipe suisse ‘Keep Calm and Baltic’ ont été au fond des choses: ils délaissent leur voiture par moins 20 °C pour s’installer dehors le temps d’une fondue au fromage préparée dans un caquelon sur le réchaud qu’ils ont emportés de Suisse.

Lever du jour sur la Colline des Croix, lieu de pèlerinage chrétien planté de plus de 100.000 croix en Lituanie.
©David De Vleeschauwer

Si les pays baltes sont encore recouverts de neige, le froid sec a disparu: par un matin humide et gris, nous entrons en Lituanie pour visiter la stupéfiante Colline des Croix, un lieu de pèlerinage chrétien planté de plus 100.000 croix, avant de nous rendre en Pologne.

La neige s’est muée en glace et le paysagepolonais paraît sombre, triste et ennuyeux par rapport aux paysages de neige et d’azur que nous avons connu il y a quelques jours. Le soir, nous rencontrons l’équipe ‘Champagne Supernova’, alias Arndt et Boris, deux amis et hommes d’affaires de la région de Düsseldorf, dont la Touareg Volkswagen de 2003 est remplie de bouteilles de champagne.

©David De Vleeschauwer

“Arndt voulait faire ce rallye avec son épouse, mais cela ne lui disait rien. Je me suis donc porté candidat!”, s’exclame Boris tandis que nous jouons au bowling dans un obscur hôtel, au milieu de nulle part. Les deux amis veulent récolter 7.000 euros pour un projet d’eau potable en Ouganda, où ils se rendront après le rallye.

Le lendemain, nous filons en ligne droite jusqu’à Hambourg. Très vite, il apparaît clairement que, si atteindre la ligne d’arrivée est un moment de joie pour tout le monde, ce n’est finalement pas le but ultime de ce Baltic Sea Circle Rally. Il ne s’agit pas non plus de savoir qui collectera le plus d’argent pour la bonne cause  durant cette édition, environ 60.000 euros ont été reversés à 60 œuvres caritatives.

Ce circuit d’aventure, c’est avant tout l’occasion de se perdre dans des paysages inoubliables de l’archipel sauvage des Lofoten, d’affronter les routes perdues dans les forêts infinies de la blanche Laponie et d’explorer la sombre beauté des pays baltes. Mais c’est surtout la liberté que l’on n’obtient qu’à condition d’oublier son train-train quotidien pour s’abandonner complètement aux paysages sans cesse changeants de l’Europe septentrionale en hiver. 

Box19

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Dernière lubie? Avoir son propre parc naturel

Certains s’offrent des yachts et des jets privés. D’autres passent leur journées à siroter des cocktails au soleil. D’autres encore préfèrent consacrer leur fortune à sauver les animaux sauvages et leur écosystème. “Je préfère organiser tout ça moi-même plutôt que faire un don à une organisation dont la moitié filera en gestion”, confie Albert Hartog, qui a injecté plus de 100 millions d’euros dans son parc naturel au Botswana.

Jurgen Albertse étale la carte sur la table. Une pierre sur chaque coin, parce que le vent cherche à la soulever. En bande-son, la respiration bruyante des hippopotames qui se baignent dans le fleuve Limpopo. Seuls leurs yeux dépassent de la surface de l’eau, façon périscope. Il nous montre une zone de la taille d’une barrette de chocolat à l’est du Botswana, aux frontières de l’Afrique du Sud et du Zimbabwe.

©Herman Van Heusden

“C’est ici que nous nous trouvons, dans la réserve d’Albert Hartog.” Celle-ci est entourée d’une trentaine de bandes de terre rectilignes couvrant plus de 70.000 hectares. Elle appartient à des propriétaires terriens du coin, avec lesquels Albert a passé un accord: garder leur territoire ouvert afin que les animaux sauvages puissent se déplacer librement, via un corridor.

L’homme est responsable de la mise en place de ces corridors, ainsi que de la réserve Kwa Tuli Private Game et du Koro River Camp lodge qui y est aménagé. Le propriétaire de tout cela est le Néerlandais Albert Hartog: il y a mis son âme et sa fortune, soit plus de 100 millions placés dans la fondation à but non lucratif Timbo Afrika qu’il a fondée en 2009, en hommage à son neveu Tim, passionné de vie sauvage et décédé cette année-là.

Amoureux de la brousse

Hartog est le fondateur et l’actionnaire majoritaire de la société Active Capital Company, basée à Amsterdam, qui investit dans des entreprises pour les optimiser et les revendre (avec bénéfice). Étonnamment, pour un homme de son envergure (en 2018, le magazine néerlandais Quote 500 évaluait sa fortune à 165 millions d’euros), on trouve relativement peu d’informations à son sujet sur internet.

Il accorde rarement des interviews et, cette fois aussi, il se montre réticent. “Ce n’est pas de moi qu’il s’agit, mais de la fondation.”

Il raconte sans s’appesantir sur les détails, parce que “la plupart ne sont pas intéressants”. Jeune homme, il passe neuf ans en Afrique du Sud après ses études. “Parce que c’est là que se trouve mon cœur”. Il fait des recherches sur les léopards, et persuade les chefs des tribus locales de ne plus porter leurs peaux pour les cérémonies, allant jusqu’à leur en proposer des fausses, conçues par ses soins. Cette intervention a permis de modifier la loi sur la chasse au léopard, un moratoire toujours en vigueur à ce jour.

©Herman van Heusden

“Je suis tombé amoureux de la brousse et je me suis penché sur les moyens de sauver de l’extinction la faune sauvage, sans pour autant ignorer les intérêts de la population locale, souvent opposés à ceux des animaux. C’est ainsi que j’ai eu l’idée d’acheter un terrain afin de mettre différentes choses en pratique. Et comme l’Afrique du Sud s’est avérée inabordable, cela a été le Botswana.”

Si Hartog met tout cela en place lui-même, c’est principalement parce que les grandes organisations de protection de la nature sont beaucoup trop lourdes pour fonctionner rapidement et avec précision. “Nous osons faire davantage d’essais et sommes plus flexibles”, explique Hartog. “De même, nous n’avons pas besoin de la permission d’un conseil d’administration pour prendre une décision. Enfin, pas un centime ne disparaît dans un programme de relations publiques ou une action de collecte de fonds pour le maintien de l’institution – dans mon cas, l’argent est déjà là. Et il y restera. Ma vie est limitée, pas celle de ma fondation. Après ma mort, elle continuera à tourner grâce à mon héritage.”



Avons-nous entendu le bruissement des feuilles et le craquement des branches hier soir? C’était un troupeau d’éléphants qui a traversé le camp entre les tentes.

Déjections fraîches

Que ceux qui pensent qu’un safari est une activité relax se détrompent: la nature se réveille à la pointe de l’aube. Grognements, hurlements, gazouillis et coassements: les animaux marquent leur territoire, attirent des femelles, défendent des proies, avertissent de la présence d’ennemis, le tout dans un vacarme tonitruant. Des singes dévalent le toit de notre tente, criant comme des enfants sur un toboggan. Et tout cela, avant que notre réveil sonne, à 4h30 du matin, vu que nous partons en safari avec Moses et Solomon, les guides nature du Koro River Camp.

Hier soir, avons-nous entendu le bruissement des feuilles et le craquement des branches? Affirmatif. “C’était un troupeau d’éléphants, qui a traversé le camp en passant entre les tentes”, précise Moses. Nous avions cru que c’était le vent: là, nous suivons leurs déjections, si fraîches qu’elles n’attirent pas encore les mouches.

Les éléphants du Botswana sont en danger. En mai dernier, le président Mokgweetsi Masisi a levé l’interdiction de chasse introduite par son prédécesseur, Ian Khama, en 2014. Les gardes anti-braconnage ne sont désormais plus autorisés à porter des armes alors qu’avant, c’était l’inverse: ils pouvaient abattre les braconniers pris sur le fait.

Les braconniers et les chasseurs ont désormais le champ libre. Les 130.000 éléphants du pays sont de nouveau hors-la-loi parce qu’ils tuent des gens (36 ces deux dernières années), piétinent et mangent les récoltes des paysans.

©Herman Van Heusden

Au Botswana, la terre est sacrée. À 18 ans, tout Botswanais se voit attribuer par le gouvernement une parcelle de terre qu’il peut cultiver, une source importante de nourriture et de revenus pour cette population pauvre et sans emploi. La décision de Masisi a donc été accueillie favorablement par la population – à l’inverse des partisans de la préservation de la faune sauvage, tels qu’Elephants without Borders et la fondation de Hartog, ainsi que de la quasi-totalité du monde occidental (autrement dit, blanc).

Nous sommes assis sur la terrasse du lodge. Sans un bruit, deux crocodiles se prélassent au soleil, tels des troncs d’arbres. Terriblement proches, mais Eline me rassure: “Ils n’ont pas faim.” Contrairement à nous: il est 16 heures, l’heure de l’afternoon tea. Elle met la table et apporte des tartes, des quiches et des scones maison avec de la crème fouettée. Nous laissons le thé de côté, car sous la devise ‘la nature est belle, mais cela ne nous empêche pas de boire quelque chose’, Albert ouvre une bouteille de ‘vonkelwijn’ (du vin pétillant sud-africain).

Sander Vissia nous rejoint. Il est researcher ‘human-wildlife conflict’ à la Fondation Timbo. “Le conflit avec les éléphants est loin d’être aussi tranché qu’on le pense”, explique-t-il. Lucy King, l’initiatrice de l’Elephants and Bees Project, lui a appris comment chasser les éléphants avec des abeilles. En effet, les éléphants ont peur de ces insectes. “C’est très simple”, explique Vissia. “Nous tendons des fils de fer autour des champs, et nous y suspendons des ruches. Quand un éléphant touche le fil, les ruches se mettent à bouger et les abeilles entrent en action. L’avantage, c’est que grâce sa mémoire proverbiale, l’éléphant ne revient plus jamais. Il avertit les autres éléphants du danger, via une communication mutuelle (le ‘tummy rumbling’, soit des gargouillis) et ils restent à l’écart.”

La fondation de Albert Hartog importe des rinocéros d’Afrique du Sud, dans l’espoir de les sauver, car ils sont massacrés pour les qualités soi-disant aphrodisiaques de leur corne.
©Herman Van Heusden

Fractures brutales

Ces ruches anti-éléphant sont construites à l’école du village voisin de Mathathane, où les élèves pratiquent également l’apiculture. Dans le jardin de l’école, ils cultivent des plantes sur lesquelles les abeilles viennent butiner, le tout sous la supervision d’une véritable apicultrice. Au-dessus de sa porte, de grandes lettres indiquent fièrement ‘Bee Officer’. Et les enfants peuvent manger leur miel.

©Herman van Heusden

“Qu’il s’agisse du personnel du lodge ou de toutes nos activités nature, nous travaillons en étroite collaboration avec la population locale”, explique Albertse. “L’éducation est importante, dès le plus jeune âge, car l’enjeu est de leur apprendre à vivre avec les animaux sauvages sans les abattre. Et aussi, de transformer les braconniers en gardes anti-braconnage, en leur faisant comprendre la situation.”

En même temps, la fondation importe des rhinocéros d’Afrique du Sud, dans l’espoir qu’ils se reproduiront ici. Une opération coûteuse, tant sur le plan financier qu’en termes de main d’œuvre: pour ne laisser aucune chance aux braconniers, il faut surveiller les animaux en permanence, ce qui représente un coût annuel d’environ 10.000 euros par rhinocéros.

En raison de l’abattage massif dont sont victimes les rhinocéros pour leur corne soi-disant aphrodisiaque, leur nombre a fort diminué ces dernières années. Preuve en est le champ d’ossements tout proche, où sont empilés des crânes de rhinocéros. Les trous des balles et les fractures brutales de l’os sur lequel la corne a été tranchée sont clairement visibles.

Homme important

Presque tout ce qu’entreprend la fondation se déroule en concertation avec Olgas Richard Serumola, le chef du village et de la région. Sans sa collaboration, peu de choses seraient possibles. Malgré la chaleur accablante (nous portons un short et une chemise kaki), il porte une chemise et une veste soigneusement repassées pour nous recevoir. En homme important qu’il est.

©Herman Van Heusden

“Lorsque la fondation a acheté toutes ces terres, nous avons d’abord eu des soupçons”, explique le chef. “Mon rôle est d’assurer le bien-être de la population: allait-elle tirer un bénéfice de cet achat? Mais nous avons des intérêts communs: réduire le chômage et promouvoir le tourisme. À cet égard, nous pouvons nous apporter beaucoup l’un à l’autre. Notre collaboration est excellente, dans le respect réciproque.

La levée de l’interdiction de la chasse à l’éléphant donne une mauvaise réputation à notre pays. C’est mauvais pour le tourisme, qui devrait devenir une importante source de revenus dans notre région sans se faire au détriment des droits de la population évidemment. La levée de l’interdiction de la chasse est une loi à laquelle chacun doit se conformer, et c’est ce que je fais. Le président veut le meilleur pour notre pays.”

Récemment, le chef a négocié avec succès avec le braconnier Thomas Malabetsa. La Fondation Timbo Afrika s’efforce depuis longtemps déjà de racheter tout le bétail des propriétaires terriens voisins car il attire les prédateurs affamés, ce qui pousse la population à les abattre. Le bétail ainsi acheté est offert à des fermiers établis à l’extérieur de la réserve. Malabetsa avait jusqu’à présent toujours refusé: “C’est mon bétail et mon droit, la loi est de mon côté!”

Récemment, Malabetsa a empoisonné un cadavre de vache, tuant ainsi quatre lions et septante vautours. Ne sachant plus que faire, Hartog avait alors demandé au chef d’aller lui parler. Ce n’est qu’ainsi que le braconnier a pu être convaincu.

©Herman Van Heusden

La nuit tombe sur le Koro River Camp. On se rassemble autour du feu de camp. Le chef Kgomotso prépare le dîner dans la cuisine extérieure, Kgathatso sert du pétillant sud-africain. Séjourner dans ce luxueux lodge n’est pas gratuit, mais les bénéfices sont intégralement reversés à la fondation à but non lucratif. Plus nous vidons de bouteilles, plus nos récits sur les ‘game drives’ prennent de l’ampleur. Dix éléphants, vingt, trente meutes de hyènes en chasse, des zèbres au galop, des combats de girafes, des léopards furtifs, des lions avalant des antilopes… nous rivalisons de superlatifs.

Tout à coup, un bruissement des feuilles et un craquement de branches se font entendre. Albertse lève sa torche. Lentement, un troupeau d’éléphants approche. Ils viennent boire à la rivière, balancent leur trompe dans notre direction avant de poursuivre leur route au ralenti, d’un pas régulier et imperturbable, certains de leur sécurité. Et sans savoir que dans ce camp se trouvent ceux qui vont les sauver.

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Les bons plans pour voyager sereinement

La faillite de Thomas Cook a altéré votre confiance envers le secteur du voyage? Pas d’inquiétude à avoir. Le Belge est bien protégé s’il réserve ses vacances auprès d’un tour-opérateur ou d’une agence de voyage plutôt que directement sur Internet.

Vacances, j’oublie tout! En théorie, car dans la pratique, personne n’est à l’abri d’un souci avant ou pendant son voyage. L’actualité l’a une fois de plus démontré cette semaine avec la faillite de Thomas Cook et ses nombreuses répercussions pour ses clients.

Faut-il pour autant délaisser les tour-opérateurs (TO)? Pas forcément. Tous les moyens pour réserver un voyage ont leurs avantages (certains plus que d’autres) et leurs inconvénients. Parfois aussi leurs risques. Pour s’en rendre compte, nous avons établi trois profils de voyageur pour une même destination: la Tanzanie.

Profil 1

→ Voyageur disposant d’un petit budget et qui compte se débrouiller pour organiser lui-même son voyage de A à Z.

Grâce à Internet, réserver un billet d’avion, une chambre d’hôtel ou l’entrée d’une attraction est aujourd’hui accessible à tous, quelle que soit la destination. Pour beaucoup, c’est même le meilleur moyen de réserver des vacances au prix le plus bas (on évite d’éventuels frais de dossier).

Mais la débrouille n’est pas l’unique moyen d’obtenir les prix les plus avantageux. Il arrive que des professionnels du voyage arrivent à faire mieux. Tout dépend de l’efficacité, de la spécialisation et du pouvoir de négociation des agences de voyage ou des TO. “Grâce au volume d’achat, les prix proposés par les tour-opérateurs sont parfois plus intéressants“, confirme Jean-Luc Hans, le porte-parole de l’Association of Belgian Tour Operators (ABTO). La situation doit donc vraiment être considérée au cas par cas.

Ceci dit, même si celui qui organise son voyage seul trouve des tarifs moins élevés, il aura toujours intérêt à passer par un professionnel pour sa propre sécurité et celle de son budget (voir points 2 et 3).

Si vous décidez de vous passer des services d’un professionnel, prenez la peine d’effectuer quelques démarches. D’abord, surfez sur diplomatie.belgium.be pour connaître les documents de voyage requis (carte d’identité ou passeport, visa, certificat de vaccination, etc.) et pour prendre connaissance des “conseils aux voyageurs”, un volet qui reprend les zones géographiques à éviter.


Avantages

En solo

  • Le prix
  • La liberté (le voyageur n’est pas tenu à un planning ni dépendant d’un groupe)

TO et agences

  • Les conseils
  • L’assistance (qui peut être plus personnalisée dans le cas d’un voyage sur mesure)
  • Le prix (plus intéressant chez certains TO)

    La protection du budget (en cas de faillite par exemple)

Concernant vos réservations, il y a quelques réflexes à adopter pour que vos vacances restent un véritable moment de détente. Tout d’abord, effectuez des captures d’écran tout au long du processus de réservation en ligne.Elles pourront vous être utiles en cas de bug technique ou de toute différence constatée entre la confirmation de réservation et l’information que vous avez validée en cas par exemple de différence de prix“, selon le Centre européen des Consommateurs.

Privilégiez toujours les plateformes officielles de réservation — comme Airbnb — pour louer le bien d’un particulier. Elles disposent d’un système de paiement centralisé et sécurisé qui propose même un remboursement en cas de fraude (à condition de ne pas quitter le site pour réaliser la transaction).

En cas de location d’une voiture, distinguez toujours les véritables agences de location des intermédiaires, tels que les courtiers et les comparateurs de prix. “Les intermédiaires louent une voiture de location en votre nom dans une agence de location et vous laissent donc la responsabilité de prendre contact avec le loueur effectif en cas de souci pendant la location“, prévient le CEC.


Le coût par personne

Difficile de chiffrer le coût mais il existe des vols à partir de 199 euros/trajet chez Tui.

Profil 2

→ Voyageur disposant d’un budget moyen et qui n’a pas forcément le temps ou l’envie d’organiser son voyage. Il fait dès lors confiance au voyage all-in (souvent en groupe) proposé par un TO.

Réserver un voyage via un TO offre des garanties certaines. Tout d’abord, “ce type de réservation permet aux voyageurs de bénéficier d’une plus grande sécurité juridique“, explique Anne-Sophie Snyers, Secrétaire Générale de l’Association des Agents de Voyage (UPAV). En effet, des directives européennes (et notamment la nouvelle directive sur les voyages à forfait du 21 novembre 2017), la législation sur les pratiques commerciales, les conditions générales de voyages validées par le secteur tout entier et les garanties prévues par la loi contre l’incapacité financière protègent le consommateur contre d’éventuelles pratiques frauduleuses et les faillites.



“Réserver un voyage via un tour-opérateur ou une agence de voyage offre une plus grande sécurité juridique aux voyageurs.”

Anne-Sophie Snyers en veut pour preuve le cas actuel de Thomas Cook. Depuis le 23 septembre, ce TO, dans le top 3 des plus grands TO en Belgique, est actuellement sous procédure judiciaire. “Heureusement, les voyages actuellement en cours et les départs de cette fin septembre dont l’annulation a été confirmée sont couverts par l’assurance insolvabilité de Thomas Cook auprès du Fonds de Garantie Voyage: un remboursement ou un rapatriement aux frais de l’assurance sont prévus.” Tous les voyages qui devaient encore avoir lieu ont été annulés et seront remboursés par le Fonds de Garantie Voyage.

Autre exemple: “si vous réservez un voyage vers les Etats-Unis en passant par une entreprise américaine, en cas de problème, vous serez soumis au droit américain et rien ne vous garantit un dédommagement“, prévient Anne-Sophie Snyers. Or, via le net, on ne sait pas toujours à qui on réserve son voyage et si l’organisateur a une quelconque assurance insolvabilité. “En Belgique et en Europe depuis la directive européenne de 2017 qui harmonise les assurances des pays faisant partie de l’Union européenne, il existe une législation propre aux voyageurs réservant un voyage à un organisateur européen couvert (et non plus seulement belge) qui les protège en tant que consommateurs. Dès qu’ils passent par Internet, les consommateurs perdent cette sécurité“, déplore Benoit Dieu, président de l’UPAV. D’où l’intérêt de réserver un voyage via une agence en Belgique.

Bien sûr, la majorité des voyages réservés par Internet se passe très bien. Mais le risque zéro n’existe pas. Lorsque le volcan islandais a paralysé le ciel européen, les voyageurs indépendants se sont trouvés bien démunis. En revanche, ceux partis avec un TO ont été totalement pris en charge et ont même été les premiers à monter dans les vols retour disponibles“, rappelle-t-il.

Même topo lors des grèves de Skeyes il y a quelques mois. Ceux qui avaient réservé un voyage via Tui ont décollé à temps pour leur destination de vacances, car ce TO a mis en place un système de navettes de bus vers des aéroports dans les pays limitrophes.

Internet apporte des solutions globales mais jamais de réponses à des problèmes particuliers. En effet, les voyageurs encadrés ont en permanence un interlocuteur direct à leur disposition, prêt à répondre au moindre souci“. Ce service peut bien entendu avoir un prix. “Le voyageur doit donc faire la balance entre l’économie qu’il espère faire et sa sécurité“, explique Benoit Dieu.


Inconvénients

En solo

  • Se renseigner sur les vaccins et documents à prévoir
  • Le temps de préparation
  • Le risque d’arnaque 
  • L’absence d’assistance (en cas de problème avec un vol, une excursion, etc.)
  • L’absence de remboursement (si un prestataire fait défaut)

TO et agences

  • Le groupe (si circuit organisé pour plusieurs)
  • Le tourisme de masse (sauf en cas de voyage sur mesure)
  • Le prix d’un voyage sur mesure

D’autres critiques également sont émises à l’égard des réservations par Internet: en agence, il n’y a jamais de surprise sur le prix d’un voyage “all-inclusive” (sauf parfois un léger surplus en cas de forte hausse des prix du kérosène). Par contre, le voyageur indépendant peut se retrouver avec une série de coûts imprévus. Si son avion a du retard et qu’il rate la navette qui devait l’emmener à l’hôtel, il devra trouver un moyen alternatif et parfois plus cher pour s’y rendre. Le voyageur encadré dispose d’un transfert dans son forfait. En cas d’imprévu, une solution alternative lui sera fournie gratuitement.

En outre, les adeptes du last minute sur Internet sont toujours confrontés au même problème: ils doivent être sûrs d’avoir une place dans leur avion avant de réserver leur hôtel et inversement. En cas de mauvais timing, leur voyage pourrait finalement leur coûter plus cher que prévu. Benoit Dieu signale aussi qu’il est pratiquement impossible d’annuler un voyage réservé via Internet, “même les tickets d’avion achetés sur le site des grandes compagnies.


Le coût par personne

Tui propose un forfait à partir de 1.833 euros pour un circuit de 6 jours, comprenant un guide/chauffeur, les transferts, les hébergements, les repas, les taxes et les entrées dans les parcs naturels. Comptez 899 euros si vous voulez juste flâner sur les plages de Zanzibar.

Profil 3

→ Voyageur disposant d’un budget moyen ou élevé et qui veut un voyage sur mesure. Il se situe donc entre les profils 1 et 2 car il organise lui-même son voyage de A à Z, mais en fonction des conseils d’une agence spécialisée et en profitant des garanties et des services complémentaires offerts par celle-ci.

Ce qui a été décrit au point 2 vaut également pour les agences de voyage classiques et celles qui proposent des voyages sur mesure. “Comme pour les TO, notre responsabilité est engagée dans la fourniture d’une prestation de voyage“, selon les explications de Bruno Van den Bossche, le responsable marketing en Europe des agences de voyage sur mesure Inspiration Africa. “Quand c’est nécessaire, nous offrons aussi un service après-vente. C’est une chose qui fait fortement défaut chez beaucoup de TO et de compagnies aériennes.

Même son de cloche pour Anaïs Grassat, la porte-parole de l’agence de voyages sur mesure Continents Insolites. “Les gens viennent nous trouver pour l’originalité des voyages que nous construisons avec eux. Mais aussi pour la palette de services offerts autour du voyage et le côté rassurant que nous offrons. Il y a un accueil spécial à l’aéroport, une prise de contact permanente avec nos équipes en Belgique et sur place. De plus, chaque voyage à son ange gardien, c’est-à-dire une personne qui prend contact avec les voyageurs juste avant leur départ pour leur expliquer le déroulement et pour leur signaler qu’il est joignable à tout moment en cas de problème pour les assister. De plus, il n’y a aucun risque pour leur budget vu que nous sommes affiliés au Fond de protection des voyages.

D’une autre manière, Bruno Van den Bossche tient aussi à souligner que les agences de voyage sur mesure sont moins menacées par un problème de faillite. “Vu que nous ne bénéficions pas de ligne de crédit auprès des fournisseurs, nous payons toutes les prestations à l’avance et nous attendons aussi de nos clients d’être payés à l’avance. Nous sommes donc à l’abri de la possibilité d’accumuler un niveau élevé de dettes, à l’inverse des gros TO comme Best Tours ou Thomas Cook. Si un de nos prestataires a un problème financier, c’est une goutte dans l’eau. Nous pourrons l’assumer. Dans le cas des gros TO, c’est un tsunami que rien n’arrête.

Ces services ont bien entendu un coût. Mais il ne faut pas s’arrêter qu’au côté pécuniaire du voyage. “S’organiser tout seul n’est pas un problème à partir du moment où l’on accepte de n’avoir ni conseils, ni service après-vente. Mais ce n’est pas donné à tout le monde et ça demande d’accepter de faire des erreurs de choix et parfois de passer beaucoup de temps à résoudre des problèmes au lieu de profiter de l’endroit où on est“, a-t-il conclu.


Le coût par personne

Chez Continents Insolites, comptez 4.800 euros pour un combiné safari et Zanzibar de 13 jours. Du côté d’Inspiration Africa, les plages de Zanzibar sont accessibles à partir de 200 euros/jour (et jusqu’à 1.500 euros selon le choix des activités et des hébergements). Pour un safari, à nouveau selon vos choix, le budget peut varier de 400 à 2.000 euros/jour.

 

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La faillite de Thomas Cook en 10 questions

Le sauvetage du voyagiste britannique Thomas Cook, en discussion depuis plusieurs semaines avec l’actionnaire chinois Fosun, a échoué.

Faute de trouver les 200 millions de livres supplémentaires aux 900 millions proposés pour son sauvetage, Thomas Cook a fait ce lundi matin aveu de faillite. C’est la fin d’une histoire vieille de 175 ans pour le voyagiste britannique, dont la débâcle contraint les autorités britanniques à lancer un rapatriement sans précédent de quelque 600.000 vacanciers dans le monde, tandis que le sort des plus de 20.000 employés restait incertain. Si beaucoup des 9.000 employés en Grande-Bretagne risquent de se retrouver au chômage, les cabinets d’audit chargés de la liquidation, KPMG et AlixPartners, pourraient tenter de revendre certaines activités, ce qui préserverait une partie des postes. À l’étranger, l’avenir des employés du voyagiste est encore plus flou, car les législations locales sur les dépôts de bilan diffèrent.

Côté touristes, l’opération de rapatriement de civils la plus massive de l’histoire a démarré. L’autorité britannique de l’aviation civile (CAA) orchestrait dès ce lundi le retour de 150.000 ressortissants de la Couronne, deux fois plus que lors de la faillite de la compagnie aérienne Monarch il y a deux ans.

1. Quelles sont les raisons de cette faillite?

©© Clément Philippe

Thomas Cook a souffert de la lourde vague de chaleur qui a sévi en Europe en 2018. À cela s’ajoutent la concurrence des sites internet de voyage à bas prix et la frilosité de touristes inquiets du Brexit. Le voyagiste britannique a ainsi annoncé une perte abyssale d’1,5 milliard de livres pour le premier semestre, pour un chiffre d’affaires de quelque 10 milliards. Ses efforts pour remplir les caisses en vendant les opérations aériennes n’ont pas abouti.

L’annonce au printemps d’une prise de contrôle de l’activité de tour-opérateur par le chinois Fosun, déjà propriétaire de Club Med, avait redonné un peu d’espoir. Les créanciers devaient, dans le cadre de cet accord, reprendre la compagnie aérienne pour près d’un milliard de livres. Mais cela n’a pas suffi aux yeux de certains bailleurs de fonds, en particulier les banques RBS et Lloyds, qui ont exigé en fin de semaine dernière que le groupe trouve 200 millions de livres de plus pour assurer sa survie jusqu’à novembre 2020.

2. La chute de Thomas Cook UK a-t-elle des répercussions sur l’activité en Belgique?



Comme Thomas Cook Belgique poursuit ses activités, toute annulation d’un voyage se fera dans les conditions normales avec des frais à la clé.

Thomas Cook Belgique (et son enseigne Neckermann) est une entité séparée des activités du Royaume-Uni. Avec les filiales néerlandaise et allemande, l’enseigne forme l’activité “Europe continentale”. À ce titre, ils sont indépendants au niveau de la plateforme informatique et des brochures.

La faillite de la maison mère n’a pour l’heure pas de conséquences directes sur l’activité en Europe continentale. Mais pour combien de temps? En Allemagne, la compagnie aérienne du groupe, Condor, a demandé à Berlin un prêt relais.

3. Thomas Cook Belgique est-il en difficultés?

“La situation n’est pas rose, mais ce n’est pas de la même ampleur qu’au Royaume-Uni”, entend-on de sources syndicales. On dit Thomas Cook Belgique rentable. Cependant, les syndicats ne sont pas aveugles. “Dans un groupe international, tout est imbriqué. Nous savons qu’il y a des liens avec Thomas Cook Grande-Bretagne.”

La direction belge indique étudier toutes les pistes. En l’état, Thomas Cook Belgique ne peut pas continuer. Reste à voir si une fois les liens coupés avec le Royaume-Uni, le voyagiste peut poursuivre seul ou avec les activités allemandes et néerlandaises, ou s’il faut absolument trouver un repreneur.

4. Combien de clients belges sont concernés?

2,2 milliards

euros

Le fonds de garantie voyages assure environ 2,2 milliards d’euros de frais de voyages prépayés.

Thomas Cook Belgique chiffre à 10.000, sur les quelque 140.000 clients de l’entité “Europe continentale” actuellement à l’étranger, le nombre de Belges concernés. Une majorité de ces clients sont situés dans les pays du pourtour méditerranéen, principales destinations offertes par le voyagiste.

L’enseigne belge ne donne pas de chiffres sur le nombre de réservations en cours.

5. Je suis client belge, que faire?

Chez Thomas Cook Belgique, on affirme que c’est business quasi “as usual” tant sous la marque Thomas Cook que sous la marque Neckermann. Mais le centre de contact est assailli d’appels…

  • Les clients en vacances ont été avertis de la situation et peuvent poursuivre leur voyage normalement.
  • Les clients qui ont une réservation partiront, sauf évolution de la situation, en vacances comme prévu.
  • Les personnes qui souhaitent faire une réservation devront y renoncer. “Par mesure de prudence et en attendant plus de clarté, nous n’effectuons plus aucune réservation”, explique la porte-parole Leen Segers.

Notons toutefois que, comme Thomas Cook Belgique poursuit ses activités, toute annulation d’un voyage se fera dans les conditions normales, avec des frais à la clé.

Test Achats a mis en place un numéro spécial: 02/542.33.33.

6. Le fonds de garantie va-t-il intervenir?

©ANP

Pour ses voyages organisés – pas s’il réserve en individuel – , le Belge est parmi les voyageurs les mieux protégés du monde. Le Fonds de garantie des voyages (GFG) auquel doivent souscrire tour-opérateurs et agences de voyages garantit, en cas de défaut de payement, le remboursement des acomptes versés si un voyage n’a pas commencé et un rapatriement si le voyageur est déjà parti.

Test Achats confirme que le client de Thomas Cook n’a aucune inquiétude à se faire en cas de faillite de l’entité belge.

  • S’il est en vacances, le fonds indemnisera les fournisseurs (hôteliers, compagnies aériennes…) permettant au client de poursuivre son séjour. Dans le cas contraire, le fonds organisera le rapatriement.
  • Si le voyageur a une réservation, il pourrait partir en vacances à certaines conditions. Tous les frais de son voyage seront payés par le fonds. S’il préfère annuler son voyage, il sera intégralement remboursé.

Ce fonds ne peut pour l’instant pas être sollicité, tant que Thomas Cook travaille.

7. Le fonds de garantie a-t-il les moyens d’intervenir?

Organisateurs de voyages, détaillants ou agences versent chaque année un pourcentage de leur chiffre d’affaires au Fonds de garantie voyages (GFG). Pour le client, ce fonds ne coûte rien.



Il règne ici une atmosphère étrange. Il y a de l’inquiétude, de la consternation, mais aussi de l’espoir.

Els De Coster

Syndicat libéral

Chaque année, le fonds assure environ 2,2 milliards d’euros de frais de voyages prépayés. Mark De Vriendt, directeur général, affirme que le fonds dispose des moyens suffisants pour intervenir si Thomas Cook Belgique ne savait plus exercer ses activités.

8. Que faire pour obtenir l’intervention du fonds?

  • Si le vacancier est à l’étranger et s’il rencontre des difficultés sur place, il peut contacter le Fonds via le site www.gfg.be. Certains hôteliers pourraient réclamer aux clients d’intervenir. “C’est totalement illégal de la part de l’hôtelier. Les clients ne sont dès lors pas dans l’obligation de payer.”
  • Si le client dispose d’une réservation, il devra aussi contacter le fonds et introduire un dossier pour lancer une procédure de remboursement. Ce dossier doit être introduit dans les trois ans, mais en général, le client agit plus vite.
  • Si le client souhaite coûte que coûte partir, plusieurs facteurs entreront en ligne de compte: la décision des curateurs; le fait que les fournisseurs impliqués acceptent, ou non, de collaborer avec le fonds; la possibilité, ou non, que les vacances se déroulent dans les meilleures conditions.

9. Quel impact pour Brussels Airlines?

Brussels Airlines (SN) a intégré en 2017 les activités de Thomas Cook Airlines (TCA) et a renforcé sa position dans l’important segment des loisirs en prenant deux Airbus A320 de TCA en compte. Dans la foulée, SN a pu ajouter 26 nouvelles destinations (loisirs) à son réseau. En 2018, SN annonçait déjà le transport d’un million de passagers supplémentaires grâce à cet accord. Aujourd’hui, calculer l’impact d’une faillite de Thomas Cook en Belgique est plus compliqué, car des avions sont complètement affrétés pour le T-O (comme en Egypte) et d’autres ont des capacités mixées. Pour l’heure, on affirme que les vols se poursuivent normalement. Les clients sont tout au plus informés, si une partie de leur voyage se poursuit avec Thomas Cook UK, qu’ils risquent d’être laissés sur le carreau. Thomas Cook UK a, en effet, suspendu toute activité et annulé tous ses vols.

10. Quelles conséquences pour les 600 salariés belges?

Les deux réunions entre direction et syndicats de Thomas Cook Belgique qui ont eu lieu ce lundi contenaient “peu de nouvelles encourageantes”, selon une source syndicale. Contrairement à ce qui avait été indiqué plus tôt dans la journée, la réunion de l’après-midi ne correspondait pas à un conseil d’entreprise formel, mais bien à une réunion informelle. Les syndicats appellent dès lors à la convocation d’un nouveau conseil d’entreprise ce mardi. Ils demandent notamment davantage de garanties sur le paiement des salaires.

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