Quelles conséquences pour Brussels Airport et Brussels Airlines de l’interdiction de débarquer aux USA?

Donald Trump a annoncé l’interdiction, dès ce weekend, de l’entrée de tous les voyageurs en provenance d’Europe sur le sol américain. Chaque jour, 6 vols partent de Brussels Airport vers les États-Unis, dont au moins un vol opéré par Brussels Airlines.

Avis de tempête sur le secteur du tourisme. Ce jeudi matin, les actions des compagnies aériennes européennes décrochaient: l’action Air France KLM

ouvrait en recul de 15%, Lufthansa

de 9%, IAG

de 8,4%, Ryanair

de 8% et EasyJet

de 7%. Le compartiment dans son ensemble baissait de 8%.

À l’origine de cette débandade: la pandémie de coronavirus, mais surtout la décision du Président Trump d‘interdire l’accès au territoire américain des ressortissants de 26 pays européens. L’interdiction commencera ce vendredi à minuit pour une durée de 30 jours. À noter que les citoyens du Royaume-Uni échappent à cette mesure, tout comme les ressortissants américains et les résidents permanents.

20%

des vols

Aujourd’hui, globalement 20% des vols sont annulés à Brussels Airport. Les vols vers l’Italie représentent 70% de ces annulation, les autres touchent particulièrement des vols business.

Ce jeudi, les 11 vols prévus à Brussels Airport (5 à l’arrivée, 6 au départ) ont été opérés normalement. Les autorités aéroportuaires n’ont, par ailleurs, encore reçu aucune indication des compagnies aériennes pour les vols des prochains jours. Brussels Airport comptabilise en moyenne 6 vols quotidiens à destination des États-Unis. 

Ces annulations probables s’ajoutent aux mesures déjà prises par les compagnies en ce qui concerne les vols vers l’Italie. “Aujourd’hui, globalement 20% de nos vols sont annulés”, indique-t-on chez Brussels Airport. Les vols vers l’Italie représentent 70% de ces annulation, les autres touchent particulièrement des vols business. “Peu de nos vols ‘vacances’ sont touchés”.

Nouvelle tuile pour Brussels Airlines

Parmi les compagnies aériennes effectuant des liaisons vers les États-Unis depuis Bruxelles, on retrouve United Airlines, Delta Airlines, mais également Brussels Airlines. Une nouvelle tuile pour la compagnie aérienne belge, déjà confrontée à l’annulation de ses vols italiens.




“Pour l’heure, tout le personnel affecté aux vols italiens sont répartis sur les autres vols.”

Wencke Lemmes

Brussels Airlines

 Brussels Airlines opère quotidiennement un vol vers New York. Chaque semaine, quatre vols relient Washington DC. La compagnie vole également en partage de codes avec Air Canada et United Airlines. Qu’adviendra-t-il de ces vols? À partir de ce samedi et jusqu’à nouvel ordre, les vols vers New York sont supprimés. La destination reste toutefois desservie par d’autres compagnies du groupe Lufthansa via Francfort ou Zurich. Les vols vers Washington sont, eux, maintenus… jusqu’à nouvel ordre, précise toutefois la compagnie.

Brussels Airlines ajoute aussi que les vols depuis et à destination d’Israël sont aussi suspendus; et ce jusqu’au 28 mars. Pour l’Italie, la suspension des vols court jusqu’au 3 avril. “Les ajustements des horaires de vol pour la période postérieure au 30 avril seront décidés ultérieurement.”

Avec ces annulations multiples (35% des vols en mars, 45% en avril), Brussels Airlines annonce aussi des mesures économiques. Dès lundi, le chômage temporaire partiel sera appliqué à toute l’entreprise.

Notons pas ailleurs que cette interdiction a aussi un impact sur le transport de fret via les compagnies aériennes traditionnelles. Plusieurs compagnies de l’aéroport de Bruxelles se tournent ainsi vers les compagnies de fret pour acheminer leur cargaison vers et depuis les États-Unis, indique-t-on chez DHL. 

Préserver ses slots coûte que coûte

Avec ces multiples annulations de vols, se pose une autre question: les compagnies vont-elles conserver leurs slots (leurs créneaux d’exploitation)? Une législation de 1993 prévoit que si une compagnie n’utilise pas au minimum 80% de ses créneaux de décollage et d’atterrissage, elle les perd au profit d’autres acteurs.

Ces derniers temps, certaines compagnies ont décidé de voler quasi à vide pour éviter ce risque. Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a donc  annoncé mardi prendre une mesure d’urgence: cette règle du “Take it or loose it” est suspendue “à titre temporaire”. La législation européenne va aussi être adaptée de manière à permettre aux compagnies de conserver leurs créneaux horaires même si, en raison du coronavirus, leurs vols sont annulés.

“L’épidémie de coronavirus a un impact majeur sur l’industrie des transports aériens européens et internationaux”, reconnaît Ursula von der Leyen. “Nous constatons que la situation se détériore chaque jour. Le trafic devrait continuer à baisser. Nous souhaitons que les compagnies aériennes puissent plus facilement conserver leurs créneaux horaires, même si elles n’exploitent pas d’avions durant ces créneaux du fait de la baisse des trafics.”

Les aéroports se vident

Ursula von der Leyen a également annoncé que la Commission s’apprêtait à actionner “tous les outils économiques” disponibles pour soutenir le secteur. Selon l’association européenne des aéroports (ACI Europe), leur fréquentation a reculé de 13,5%. “Ce sont 67 millions de passagers en moins comparé à un scénario ordinaire au premier trimestre. En termes financiers, ce sont déjà 1,320 milliard d’euros de revenus en moins.”




“Nous souhaitons que les compagnies aériennes puissent plus facilement conserver leurs créneaux horaires, même si elles n’exploitent pas d’avions durant ces créneaux du fait de la baisse des trafics.”

Ursula von der Leyen

Présidente de la Commission européenne

Pour l’heure, l’activité à Brussels Airport se poursuit. Au sein de la direction de l’aéroport, on affirme qu’il est encore trop tôt pour estimer l’impact financier. Quant à l’emploi, on insiste sur le fait que l’impact le plus important est subi par les prestataires de services de l’aéroport.

Swissport a certes déjà pris les devants en demandant, début du mois, à ses représentants sociaux la possibilité d’introduire la demande de mise en chômage temporaire. Depuis, le dossier n’a pas évolué. Un nouveau conseil d’entreprise est prévu ce vendredi matin pour décider des mesures à prendre. 

Les tour opérateurs s’organisent

Autres acteurs importants du voyage, les tour opérateurs. Qu’ils soient généralistes, comme TUI, ou spécialiste, comme USA Travel, c’est le flou qui règne. Que faire avec les vacanciers sur place? Peut-on être sûr que cette interdiction sera levée dans 30 jours?

Chez TUI, le remboursement total ou le choix d’une autre destination est proposé. Néanmoins, le tour opérateur ne commence son programme vers les États-Unis (circuits, croisières…) que début avril. Il a toutefois décidé de purement et simplement supprimer ces voyages jusqu’au 12 avril.

Chez USA Travel, le téléphone chauffe depuis ce jeudi matin. Nombre de vacanciers viennent avec des questions, quand il ne demandent pas à reporter leur voyage. Le tour opérateur reste dans l’attente des décisions des compagnies aériennes, réunies en urgence. Des mesures ont toutefois déjà été prises pour les vacanciers aux États-Unis. Le billet retour à été adapté au mesures américaines et ils devraient ainsi terminer leur séjour normalement. 

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