Les démocrates qui briguent la Maison-Blanche

Qui sont les candidats qui s’apprêtent à s’affronter dans la course à l’investiture du parti démocrate en vue de la présidentielle de 2020 aux États-Unis? On fait le point.

Tous n’ont qu’une idée en tête: priver Donald Trump d’un second mandat à la Maison-Blanche. Avant cela, il leur faudra d’abord remporter la course à l’investiture démocrate qui débutera le 3 février 2020 dans l’Iowa.

Quelques poids lourds du parti se sont lancés dans l’aventure, comme l’ancien vice-président Joe Biden, le sénateur du Vermont Bernie Sanders et la sénatrice Elizabeth Warren. D’autres sont bien moins connus, mais y croient, ou espèrent au moins imposer une partie de leur programme à celui ou celle qui défendra les couleurs démocrates face à Donald Trump le 3 novembre 2020. Qui sont ces candidats bien décidés à en découdre?

Michael Bennet (55 ans, sénateur du Colorado)

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Début avril, ce sénateur du Colorado depuis 2009 annonçait souffrir d’un cancer de la prostate. Le 19 du même mois, il déclarait avoir terminé son traitement après une opération réussie. Et le 1er mai, il lançait sa candidature en plaçant notamment les soins de santé au cœur de sa campagne.

Sa principale réalisation: C’est lui qui a dirigé la campagne démocrate pour les élections de mi-mandat au Sénat en 2014, une expérience qui lui a permis de se faire connaître en dehors du Colorado, même s’il continue à ne jouir que d’une notoriété toute relative.

Ses forces: Ce centriste a remporté deux élections sénatoriales (dont la première sans jamais avoir été élu à un poste politique) dans un État-clé pour la présidentielle.

Ses faiblesses: Il a fait fortune en tant que directeur de la société Anschutz Investment, basée à Denver, à la fin des années 90 et au début des années 2000, un passé qui pourrait jouer en sa défaveur auprès des électeurs démocrates les plus à gauche. Son soutien à la construction de l’oléoduc Keystone XL fait également tache au moment où la cause climatique s’est imposée dans quasi tous les programmes électoraux démocrates.

Joe Biden (77 ans, ancien vice-président des États-Unis)

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C’est le grand favori à l’investiture du parti démocrate, raison pour laquelle, le camp Trump a fait pression sur les autorités ukrainiennes pour qu’elles enquêtent sur ses activités et celles de son fils Hunter en Ukraine. L’ancien sénateur du Delaware aura mis des mois à sortir du bois, mais tout le monde l’attendait. Avant même de s’être déclaré, il caracolait d’ailleurs en tête des sondages. Et pourtant, ses deux premières tentatives (en 1988 et 2008) s’étaient soldées par de cuisants échecs.

Sa principale réalisation: Il a été le vice-président de Barack Obama de 2008 à 2016. Les deux hommes ont formé une équipe soudée et Biden aura été un soutien de taille dans pas mal de dossiers délicats, qu’il s’agisse de la guerre en Irak, de la gestion de la crise financière de 2008 ou des batailles budgétaires avec les républicains du Congrès.

Ses forces: C’est le candidat qui a le plus d’expérience législative et exécutive, et de loin. Originaire de Pennsylvanie, il reste très populaire dans la “rustbelt” qui avait tourné le dos aux démocrates et voté pour Donald Trump en 2016.

Ses faiblesses: Âgé de 77 ans et présent en politique depuis 45 ans, il pourrait se heurter à l’envie de renouveau exprimée par de nombreux électeurs, en particulier les plus jeunes. Il fait partie d’une génération de politiciens qui avaient l’habitude de franchir les barrières partisanes, ce qui ne plaît pas aux plus progressistes. Plusieurs femmes l’ont accusé d’avoir eu un comportement déplacé avec elles, ce qui pourrait le hanter à l’heure du mouvement #MeeToo.

Michael Bloomberg (77 ans, ancien maire de New York)

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Il se sera drapé des couleurs républicaines et démocrates au cours de sa carrière politique, mais c’est bien en tant que démocrate que le milliardaire new-yorkais espère battre le fer avec Donald Trump… à condition de remporter l’investiture du parti. Il compte bien utiliser son immense fortune pour tenter de se débarrasser de ses rivaux démocrates. De fait, il a dépensé 35 millions de dollars en spots télévisés rien que pour lancer sa candidature. 

Sa principale réalisation: En tant que maire (de 2002 à 2013), il a œuvré au redressement de la ville de New York après les attentats du 11 septembre 2001. 

Ses forces: Il n’aura pas de problème pour financer sa campagne. Ses combats pour la cause climatique, contre les armes à feu et le fait qu’il se soit engagé à donner au moins la moitié de sa fortune à des bonnes causes pourrait lui attirer des sympathies auprès des jeunes, même s’il représente une ancienne génération de politiciens.  

Ses faiblesses: Son soutien à une police musclée lorsqu’il était maire de New York – il était en faveur du programme “stop and frisk” qui s’était traduit par de nombreuses arrestations arbitraires de minorités ethniques – pourrait lui être reproché. Son opportunisme politique aussi, ainsi que ses accointances avec les milieux d’affaires dont il est issu. Enfin, il fait partie de la vieille garde politique.

Cory Booker (50 ans, sénateur du New Jersey)

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Déjà en tant que maire de Newark, Booker était considéré comme l’étoile montante du parti démocrate. Hillary Clinton avait même envisagé d’en faire son colistier en 2016. Ces dernières années, il a renforcé sa stature politique dans les rangs de la commission des Affaires judiciaires du Sénat. Il s’y est notamment distingué par sa combativité pendant les auditions de Brett Kavanaugh, candidat de Donald Trump à la Cour suprême, en 2018.  

Sa principale réalisation: Il est l’un des architectes de la réforme de la justice pénale américaine promulguée en décembre 2018 par le président Trump. Cette réforme vise notamment à désengorger les prisons américaines en réduisant les peines pour délits mineurs qui touchent de façon disproportionnée les minorités.

Ses forces: C’est un excellent orateur, parfois comparé à Barack Obama. En tant qu’Afro-Américain pourfendeur des inégalités raciales, il pourrait séduire les minorités dont le poids électoral pèse de plus en plus lourd. Il affiche un très bon bilan en tant que maire de Newark (2006-2013), même si certains l’accusent d’avoir surtout utilisé ce poste comme tremplin vers la scène politique nationale.

Ses faiblesses: Ses liens passés avec Wall Street et l’industrie pharmaceutique, ainsi que son profil plutôt centriste, pourraient lui jouer de mauvais tours au moment où le parti semble opérer un virage à gauche.

Pete Buttigieg (37 ans, maire de South Bend (Indiana))

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Même s’il n’était absolument pas connu du grand public, Pete Buttigieg a affiché, d’entrée de jeu, l’image d’un candidat ambitieux et décomplexé, ce qui lui a plutôt bien réussi. Il plaide notamment pour une réforme du système électoral américain qui passerait par l’abandon du collège électoral. Il a également estimé que la jeune génération devait fixer son propre agenda politique et cesser de subir celui des plus anciens que ce soit en matière climatique, concernant le contrôle des armes à feu ou au niveau de la fiscalité.

Sa principale réalisation: Il a été élu maire de South Bend en 2011, alors qu’il n’avait que 29 ans. Le taux de chômage de cette petite ville post-industrielle a été réduit de moitié sous sa direction grâce à d’ambitieuses politiques de redynamisation économique.

Ses forces: Il a un profil plutôt unique qui le distingue des autres candidats. Diplômé de Harvard et d’Oxford, c’est l’intellectuel du lot, ce qui pourrait ne pas forcément être un avantage. Mais lorsque David Axelrod, l’un des plus proches conseillers du président Obama, vous qualifie de brillant, ce n’est pas rien. Buttigieg est également un vétéran de la guerre d’Afghanistan et il serait le premier candidat ouvertement homosexuel à défendre les couleurs de l’un des deux grands partis.

Ses faiblesses: Le fait qu’il n’ait que 37 ans (soit à peine plus que l’âge minimum requis pour briguer la Maison-Blanche) et n’a d’expérience politique qu’à un niveau local, ne plaide pas en sa faveur. Il pourrait aussi être vu comme trop sérieux

Julian Castro (44 ans, ancien secrétaire au Logement dans l’administration Obama)

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Même s’il a occupé un poste au sein de l’administration Obama, Castro n’est pas très connu. Il faut dire qu’il était à la tête du ministère du Logement, qui n’est pas le plus visible. Il a immédiatement joué la carte latino en faisant l’annonce de sa candidature en anglais et en espagnol. Il s’est engagé à ramener les États-Unis dans l’accord de Paris sur le climat dès son arrivée à la Maison-Blanche.

Sa principale réalisation: En tant que maire de San Antonio, il a mis en place un système favorisant la scolarisation dès les maternelles. Il a financé sa mesure à l’aide d’une hausse marginale de la TVA. Il était à l’époque l’un des plus jeunes maires du pays.

Ses forces: Petit-fils d’immigrés mexicains, cela fait des années qu’il se bat pour un système d’immigration plus humain et prévoyant notamment la possibilité pour les immigrés clandestins d’accéder à la citoyenneté américaine, ce qui devrait séduire l’aile progressiste du parti.

Ses faiblesses: Considéré un temps comme l’étoile montante du parti démocrate – il avait fait un discours à la convention démocrate de 2012 – il est tombé dans l’oubli depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche. Le fait qu’il n’ait jamais siégé au Congrès n’aide pas non plus à le placer sur le radar des électeurs. 

John Delaney (56 ans, ancien député du Maryland)

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En annonçant sa candidature en juillet 2017, il a battu le record de la campagne lancée le plus tôt dans le calendrier électoral. L’objectif de la manœuvre était d’avoir le temps de se faire connaître du grand public, notamment dans l’Iowa et le New Hampshire, les États lançant traditionnellement le bal des primaires. Il s’est engagé à rassembler les Américains autour d’objectifs communs, dont la nécessité d’adapter l’économie américaine aux défis technologiques du 21e siècle.

Sa principale réalisation: Il a fondé deux entreprises financières à succès (Health Care Financial Partners en 1993 et CapitalSource en 2000), devenant même le plus jeune CEO d’une société cotée sur le NYSE.

Ses forces: Son succès dans les affaires alors qu’il vient d’un milieu modeste est le genre de success story dont les Américains raffolent, quelle que soit leur orientation politique.

Ses faiblesses: Même s’il siège à la Chambre des représentants depuis 2013, il n’est pas du tout connu du grand public ni même pris au sérieux. Son profil plutôt centriste et le fait qu’il ait travaillé avec les républicains sur plusieurs dossiers (enseignement, taxes, infrastructures) pourraient le disqualifier.

Tulsi Gabbard (38 ans, députée d’Hawaï)

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Cette vétérane de la guerre en Irak, qui se bat désormais contre l’interventionnisme militaire américain, est la candidate la plus controversée du lot. Même si elle a défendu des politiques progressistes ces dernières années (hausse du salaire minimum, soins de santé universels, politiques climatiques ambitieuses), il faudrait un miracle pour que sa candidature ne sombre pas immédiatement.

Sa principale réalisation: Elle était considérée comme une étoile montante du parti après avoir décroché un siège de députée d’Hawaï en 2012 alors qu’elle avait débuté la campagne des primaires très loin dans les sondages. Le président Obama avait soutenu sa candidature à l’époque et elle avait pris la parole à la convention démocrate de 2012.

Ses forces: Elle avait démissionné de son poste de vice-président du parti démocrate pour soutenir la candidature de Bernie Sanders en 2016, ce qui pourrait plaire à l’aile anti-establishment du parti. De père Samoan, elle représente le nouveau visage du parti, plus féminin et diversifié.    

Ses faiblesses: Elle a suscité la polémique en tenant des propos homophobes et en affichant des positions anti-musulmanes dans le passé (elle s’en est excusée depuis). Elle a même soutenu le président syrien Bachar El Assad, qu’elle voit comme un rempart contre le terrorisme islamiste, et l’a rencontré en Syrie en janvier 2017, s’aliénant ainsi une grande partie de la classe politique.

Amy Klobuchar (59 ans, sénatrice du Minnesota) 

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Klobuchar a facilement remporté un troisième mandat de sénatrice du Minnesota en novembre 2018, mais c’est donc la Maison-Blanche qu’elle brigue désormais. Faisant partie , elle affiche un visage plus rassembleur que la plupart de ses rivaux démocrates. Ce qui ne l’a pas empêché de s’engager à ramener les États-Unis dans l’accord de Paris sur le climat “au premier jour” de sa présidence. 

Sa principale réalisation: Elle s’est fait connaître du grand public pendant les auditions de Brett Kavanaugh, juge à la Cour suprême, devant le Sénat en lui menant la vie dure sans jamais perdre son sang-froid.

Ses forces: Elle fait partie des membres les plus prolifiques et les moins antagonistes du Sénat, n’hésitant pas à franchir les barrières partisanes du Congrès pour obtenir des résultats. Elle est très populaire dans les régions minières du Minnesota et pourrait ramener dans les rangs de son parti une partie des électeurs démocrates de la classe ouvrière qui avaient voté Trump en 2016.

Ses faiblesses: Son profil de démocrate modérée ayant régulièrement travaillé avec les républicains pourrait ne pas cadrer avec la montée en puissance de l’aile progressiste du parti.

Deval Patrick (63 ans, ancien gouverneur du Massachusetts)

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C’est l’un des derniers candidats à être entré dans la course à l’investiture démocrate. Deuxième afro-américain à avoir été élu gouverneur, ce démocrate modéré avait dans un premier temps écarté l’idée de briguer le poste suprême. Mais les doutes affichés par certains au sujet des capacités de Joe Biden à battre Donald Trump auraient finalement contribué à le faire changer d’avis. Il affirme vouloir dépasser le clivage divisant les États-Unis au sujet de leur président pour se concentrer sur l’avenir du pays. Ce proche d’Obama avait officié dans l’administration Clinton en tant que procureur général adjoint en charge des droits civiques. 

Sa principale réalisation: En tant que gouverneur du Massachusetts (de 2007 à 2015), il a mis en œuvre la réforme santé qui avait été élaborée par son prédécesseur, le républicain Mitt Romney (candidat malheureux à la présidentielle de 2012). Il a également réformé le système des pensions de cet État de la Nouvelle-Angleterre. 

Ses forces: Il pourrait faire de l’ombre à Joe Biden auprès des électeurs démocrates modérés et, surtout, le priver des voix de nombreux électeurs afro-américains. Il pourrait d’ailleurs représenter une menace pour les deux autres candidats afro-américains Kamala Harris et Cory Booker. 

Ses faiblesses: Il est entré très tard dans la course et n’a donc pas pu se faire un nom sur la scène nationale grâce aux débats de l’automne, ni se constituer une équipe de campagne aussi solide que certains de ses rivaux. Son passé au sein de la société d’investissement Bain Capital (fondée par Mitt Romney) pourrait ternir son image. 

Bernie Sanders (78 ans, sénateur du Vermont)

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En 2016, il avait tenu la dragée haute à Hillary Clinton pendant la course à l’investiture démocrate avec des discours anti-establishment qui lui avaient valu le soutien de millions de jeunes. Certains lui ont reproché d’avoir ensuite privé Hillary Clinton de précieuses voix pendant l’élection présidentielle et d’avoir ainsi contribué à la victoire de Donald Trump.

Sa principale réalisation: Il a sérieusement fait pencher la balance du parti démocrate à gauche. Ses promesses électorales de 2016 (soins de santé universels, relèvement du salaire minimum à 15 dollars par heure, enseignement supérieur public gratuit) ont été reprises en cœur par de nombreux démocrates, même ceux qui n’avaient pas forcément une étiquette progressiste jusque là.   

Ses forces : C’est l’un des candidats les plus connus. Il continue à jouir du soutien de nombreux petits donateurs, comme en 2016. En à peine 24 heures, il avait déjà récolté 6 millions de dollars pour financer sa campagne électorale. Il dispose d’équipes de campagne aux quatre coins du pays. Ses talents d’orateurs continuent à faire mouche auprès des jeunes.

Ses faiblesses : Il n’est pas populaire auprès de l’électorat noir et a dû s’excuser suite à des accusations de harcèlement sexuel qui ont pesé sur plusieurs membres son équipe de campagne en 2016. La plupart des autres candidats ont repris à leur compte plusieurs éléments de son programme électoral le privant ainsi de l’originalité qui avait fait sa force en 2016. Enfin, c’est le candidat le plus âgé du lot.

Tom Steyer (62 ans, homme d’affaires)

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Ces dernières années, ce milliardaire était devenu le plus gros donateur du parti démocrate. Après s’être surtout battu pour les causes climatiques et environnementales et avoir injecté des millions de dollars dans une campagne appelant à la destitution du président Trump, Tom Steyer a créé la surprise en juillet 2019 en annonçant sa candidature à la présidentielle. Quelque mois plus tôt, il avait en effet exclu de se lancer dans l’aventure.  

Sa principale réalisation: Il a fondé en 1986 le fonds d’investissements alternatifs Farallon Capital. Il a quitté la société en 2012, alors qu’elle était devenue l’un des plus gros fonds d’investissements du pays, pour se consacrer à ses activités philanthropiques, et surtout, à la promotion de thèmes qui lui tiennent à cœur, comme le climat et l’implication des jeunes en politique.  

Ses forces: L’engagement de Steyer pour la cause climatique et environnementale ne date pas d’hier et pourrait plaire à la frange progressiste du parti. Sa fortune est un atout indéniable et il compte bien la mettre à contribution. Peu après s’être présenté, il a déclaré, en effet, qu’il comptait dépenser au moins 100 millions de dollars pour sa campagne. 

Ses faiblesses: Il n’a aucune expérience en politique et est entré dans la course sur le tard, alors que les équipes de campagne de ses rivaux étaient déjà bien établies. Son activisme pourrait ne pas lui attirer autant d’électeurs progressistes qu’il le souhaite. Non seulement, il garde l’image d’un milliardaire qui fut en son temps proche de Wall Street. Mais surtout, les électeurs pourraient lui reprocher une certaine hypocrisie sur les questions environnementales alors que Farallon Capital avait notamment investi dans le secteur du charbon sous sa direction.

Elizabeth Warren (70 ans, sénatrice du Massachusetts)

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En 2016, elle avait préféré passer son tour dans la course à la Maison-Blanche, l’aile gauche du parti étant déjà représentée par le sénateur du Vermont Bernie Sanders. Cette fois, elle aura été l’une des premières à franchir le pas. Elle a placé sa campagne sous le signe de la lutte contre un système politique corrompu, inféodé aux riches et aux grandes entreprises. Autre thème central de sa campagne: la mise en place d’un système santé universel, même si elle a un peu réduit la voilure à ce sujet après avoir suscité des inquiétudes sur la faisabilité de son projet, jusque dans son propre camp.

Sa principale réalisation: Experte du droit des faillites (qu’elle a enseigné à Harvard), elle a participé à la création de l’Agence financière de protection des consommateurs en 2010 en collaboration étroite avec l’administration Obama.

Ses forces: C’est une travailleuse acharnée, elle est perfectionniste et dispose d’une solide équipe de campagne. Warren est l’un des porte-drapeaux de la lutte anti-Trump au sein du parti démocrate. Le président en a d’ailleurs fait l’une de ses cibles privilégiées.

Ses faiblesses: Très à gauche du parti, elle aura du mal à rassembler l’électorat démocrate autour de sa candidature. Son entêtement à jouer sur ses lointaines origines amérindiennes – le président Trump l’appelle “Pocahontas” – en avait irrité plus d’un. Mise sous pression pour définir le cadre et le financement du système de santé universel qu’elle souhaiterait mettre sur pied, elle avait finalement publié à l’automne un plan détaillé de ses promesses électorales qui n’a pas convaincu les foules. 

Marianne Williamson (67 ans, auteure)

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Ce n’est pas la première fois que Marianne Williamson tente sa chance en politique. Elle avait brigué, sans succès, un siège de députée de Californie en 2014. À l’époque, elle s’était présentée comme candidate indépendante. Cette fois-ci, c’est donc en tant que démocrate que Williamson s’est lancée avec des idées sortant parfois franchement des sentiers battus. Elle prône notamment une politique de réparation envers la communauté noire pour les torts subis sous l’esclavagisme.

Sa principale réalisation: Elle a écrit une douzaine de livres sur la spiritualité, dont la plupart ont connu un gros succès en librairie.  

Ses forces: Elle est charismatique et sait comment toucher les gens. Le soutien qu’elle a apporté aux homosexuels atteints du VIH dès le début des années 80, à une époque où ils étaient stigmatisés de toutes parts, pourrait lui valoir le soutien de la communauté LGBT.

Ses faiblesses: Même si elle s’est fait un nom en tant que “coach spirituelle” proche de plusieurs célébrités (à commencer par Oprah Winfrey), elle n’est pas du tout connue du grand public. Et elle n’a aucune expérience en politique.

Andrew Yang (44 ans, entrepreneur)

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Ce fils d’immigrés taïwanais défend un programme plutôt original. Yang propose, par exemple, de verser un revenu universel de 1.000 dollars par mois à tous les Américains âgés de 18 à 64 ans. La mesure serait financée par une hausse des impôts sur les high-techs. Il suggère également de porter à 4 millions de dollars le revenu annuel du président des États-Unis qui devrait, en contrepartie, s’engager à ne pas donner de discours rémunérés une fois qu’il a quitté la Maison-Blanche. Il se dit prêt à ne pas profiter de cette hausse salariale s’il était élu.

Sa principale réalisation: Il a fondé Venture for America, une organisation qui vise à redynamiser les villes américaines de taille moyenne en formant de jeunes diplômés à la création d’entreprises et en les encourageant ensuite à y lancer des start-ups.  

Ses forces: Il évoque beaucoup les effets destructeurs de l’automatisation du travail, ce qui pourrait parler à une partie des démocrates de la classe ouvrière qui avaient été séduits par les discours de Trump en 2016.

Ses faiblesses: Il n’est pas du tout connu du grand public et n’a aucune expérience en politique. Il évalue lui-même à 200 contre 1 ses chances de remporter la présidentielle américaine. Il trouverait d’ailleurs “fantastique” que quelqu’un comme Joe Biden se fasse élire en lui volant ses idées.

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